Le président américain Donald Trump a décidé de faire marche arrière concernant sa menace de surtaxes douanières visant les pays européens opposés à son projet d'acquisition du Groenland. Lors d’un discours récent au Forum économique mondial à Davos, il a évoqué la recherche d'un accord avec l’Otan, signalant ainsi une volonté d'apaiser les tensions.
Fidèle à sa stratégie de tension suivie d'un retournement, Trump a mis fin à l'incertitude relative à l'avenir du Groenland, considéré par lui comme un enjeu stratégique face aux menaces de la Russie et de la Chine. Sa décision de renoncer aux droits de douane, qui devaient entrer en vigueur le 1er février prochain, soulève néanmoins des questions quant à la sincérité de ses intentions.
Initialement, le président avait envisagé des surtaxes allant jusqu'à 25 % sur les importations en provenance de plusieurs nations européennes, dont la France et le Danemark. Ces mesures avaient suscité des inquiétudes quant à l'éventualité d'une nouvelle guerre commerciale. Cependant, à la lumière de ses dernières déclarations, il semble privilégier une approche diplomatique : "Nous sommes sur la voie d'un accord qui semble satisfaire toutes les parties", a-t-il assuré.
Lors d'une conférence, Trump a mentionné la possibilité d’un "Dôme d’or" antimissile devant protéger le Groenland tout en permettant l'accès aux ressources minérales. "C'est un accord à très long terme qui positionne tout le monde favorablement en matière de sécurité et d'accès aux ressources", a-t-il affirmé.
Le ressenti au Groenland, cependant, est tout autre. Les habitants ont exprimé leur défiance face aux récentes annonces de Trump. Selon un sondage de janvier 2025, 85 % des Groenlandais s'opposent à un rattachement aux États-Unis. "Le Groenland est un pays souverain et on ne peut pas le traiter comme une marchandise", a réagi Anak, une habitante de 64 ans.
La députée groenlandaise Aaja Chenmitz a également exprimé sa colère : "Rien ne se décide sur notre terre sans notre consentement. La négociation d’un accord par l’Otan sans nous est inacceptable". Les réactions sur place montrent un fossé entre les intentions de Washington et les réalités locales.
Quant aux alliés européens de Trump, ils demeurent sceptiques. Le secrétaire général de l'Otan a fait savoir qu'il restait beaucoup de travail à accomplir pour parvenir à un accord solide. Le Premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen a remarqué des "signaux positifs", mais il reste prudent quant aux implications futures. "Le marché est déjà inquiet, et il est crucial que les États-Unis et l'Europe poursuivent un dialogue constructif sur la sécurité dans l'Arctique", a-t-il ajouté.
Le climat économique a également réagi à ces nouveaux développements : après une chute initiale, la bourse de New York a enregistré des gains significatifs grâce aux annonces de Trump, montrant que l’incertitude politique influence directement les marchés.







