Les banques, face à une demande toujours plus faible dans leurs agences, intensifient le déploiement de services en ligne tout en réduisant le nombre de leurs agences, entraînant des plans sociaux qui se répercutent à travers toute l'Europe.
La Société Générale a récemment annoncé la suppression de 1.800 postes en France d'ici la fin de 2027, soulignant la nécessité de "renforcer l'automatisation et l'intelligence artificielle". Ce plan, qui ne prévoit pas de départs contraints, fait écho à une période de restructuration déjà intense, où 3.700 employés avaient été supprimés entre 2023 et 2025.
Licenciements chez Société Générale et BNP Paribas, grève au Crédit Agricole
BNP Paribas, pour sa part, prévoit de supprimer 1.200 emplois dans sa branche de gestion d'actifs à travers le monde, parallèlement à la fermeture d'environ 200 agences d'ici 2027. Les nouvelles technologies telles que les appels téléphoniques et la visioconférence sont mises en avant comme des alternatives viables à la présence physique en agence.
« Avoir son banquier dans son salon, c'est plus agréable que de se déplacer » a affirmé Thierry Laborde, directeur général délégué, sur BFM Business.
La Fédération bancaire française note que le secteur de la banque en France a connu une réduction continue de ses effectifs ces dernières années. Si les banques cotées en Bourse sont surtout touchées, les mutualistes comme le Crédit Agricole expriment également des préoccupations, poussant leurs employés à faire grève pour défendre leurs emplois face à un plan de mutualisation des tâches.
L'impact sur l'emploi bancaire à l'échelle européenne
Cette tendance ne se limite pas à la France. En Espagne, par exemple, plus de 100.000 emplois ont été perdus dans le secteur bancaire depuis 2010, selon des chiffres de la Banque d'Espagne. La crise financière de 2008 a précipité cette transformation, amenant de nombreux établissements à fermer des agences et à réduire considérablement leurs effectifs.
En Italie, les économistes signalent que le nombre d'agences a chuté de 20 % en moins de cinq ans, avec la suppression de 20.000 postes, en grande partie due à la numérisation. Intesa Sanpaolo prévoit encore 9.000 départs volontaires d'ici 2027 pour s'adapter à cette nouvelle réalité.
En Allemagne, Deutsche Bank et Commerzbank engagent également des réductions significatives de leurs équipes, avec près de 5.900 postes supprimés à eux deux, illustrant une tendance inquiétante dans l'ensemble du secteur bancaire européen.
Alors que l'Europe s'enfonce dans la numérisation, les banques doivent répondre aux défis croissants de l'automatisation tout en préservant les emplois de leurs salariés. Les conséquences de cette transition numérique pourraient transformer à jamais le panorama bancaire.







