Événement phare de la semaine de la mode masculine, la créatrice Véronique Nichanian dévoile sa dernière collection Hermès ce samedi, après avoir dirigé les collections homme pendant 37 ans.
Le défilé se tient au Palais Brongniart, à 20H00 (19H00 GMT). Selon la designer de 71 ans, ce 76e défilé ne sera pas un simple regard en arrière, mais plutôt une célébration pleine de clins d'œil aux moments phares de sa carrière, comme elle l’a confié à Madame Figaro.
"C'est un grand moment", souligne Marie Ottavi, journaliste mode chez Libération. "Véronique a toujours insufflé modernité et créativité dans ses collections. Son départ illustre cette longévité et l’empreinte profonde qu’elle a laissée sur Hermès".
Le mois d'octobre dernier, Véronique avait annoncé qu'il était temps de passer le relais, précisant qu'elle désirait s'octroyer plus de temps pour réaliser son rêve de longue date : vivre quelques mois au Japon.
- Une transition marquante -
C'est Grace Wales Bonner, une créatrice britannique d'origine jamaïcaine, qui a été désignée pour lui succéder. Âgée d'une trentaine d'années, elle est reconnue pour sa griffe ancrée dans son identité afro-caribéenne, mais aussi dans la tradition vestimentaire britannique. Sa première collection pour Hermès devrait voir le jour en janvier 2027, alors que celle de juin sera élaborée par les équipes internes de la maison.
"Une rupture était nécessaire après tant d'années. Je suis ravie de passer le flambeau à une telle talentueuse", a déclaré Véronique Nichanian à Madame Figaro.
Ce choix est reçu positivement par les spécialistes de la mode. Marie Ottavi remarque que "Grace Wales Bonner est à la fois moderne et engagée. Hermès fait un choix judicieux qui apportera fraîcheur et qualité".
Du côté des collections féminines, Nadège Vanhée-Cybulski continue de diriger la ligne pour Hermès depuis 2014.
- Une carrière brillante -
Véronique Nichanian, qui se considère comme une pionnière dans l’univers masculin de la mode, a su tirer parti de ce "terrain d'expression unique". Après sa formation à l'École de la chambre syndicale de la couture parisienne, elle débute auprès de Nino Cerruti, avant de rejoindre Hermès en 1988. Jean-Louis Dumas, président du groupe à l'époque, lui avait alors laissée carte blanche pour exprimer sa créativité.
Durant ces décennies, elle a réussi à établir un style contemporain via une constante réinvention des vêtements, toujours en quête de nouvelles matières et couleurs, a précisé la maison dans un communiqué saluant son départ.
Ce changement intervient dans un contexte de réajustements parmi les directeurs artistiques des grandes maisons de luxe, alors que le secteur du luxe fait face à des défis croissants. Cependant, Hermès continue de prospérer, enregistrant une hausse de 6,3 % de son chiffre d'affaires, qui s'élève à 11,9 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de 2025.
Le groupe a investi plus d’un milliard d’euros l’an dernier, dont l’ouverture d’une nouvelle maroquinerie en Charente. D'autres ouvertures sont prévues en France d’ici 2027, ajoutant une note d'optimisme au paysage du luxe.
Le directeur général des Finances, Eric du Halgouët, a confirmé que le projet de haute couture est en préparation et qu'il pourrait voir le jour au plus tôt en 2027.







