Alors que le délai se réduit, de nombreuses entreprises peinent à se préparer à la directive européenne qui impose des mesures de transparence salariale. Les entreprises ont jusqu'à juin 2026 pour transposer cela dans le droit français.
Cette directive exige notamment que les candidats soient informés des fourchettes salariales avant entretien et permet aux employés de demander des informations sur le salaire moyen de leurs collègues effectuant des tâches similaires. Toutefois, les entreprises doivent d'abord établir une classification des emplois et mettre en place une politique salariale adaptée.
Une récente enquête de l'ANDRH, publiée le 12 février, indique que la majorité des entreprises n'a pas encore engagé de démarches concrètes. Les DRH s'inquiètent des risques liés à une mise en œuvre précipitée.
Un sursis jusqu'au 1er juin 2027 ?
À l'approche de la date limite, le gouvernement envisage d'accorder un délai supplémentaire aux responsables RH. Selon le site spécialisé actuel-RH, la Direction générale du travail a soumis aux partenaires sociaux un document stipulant que les entreprises pourraient avoir jusqu'au 1er juin 2027 pour mettre en œuvre la transparence salariale.
Si cela se concrétise, cela pourrait rassurer les entreprises, étant donné que l'enquête de l'ANDRH révèle que 78% d'entre elles n'ont pas encore instauré de politique salariale formelle.
"Les alertes du terrain doivent être prises en compte"
Les entreprises qui ont engagé des démarches rapportent des craintes de tensions internes, une augmentation de la charge de travail et des défis culturels liés à cette réforme. Les DRH craignent de rencontrer des difficultés à clarifier les écarts salariaux en raison des anciennes politiques.
Néanmoins, une majorité d'entre eux ne conteste pas la directive : 72% jugent légitime d'instaurer une correction dès qu'un écart de rémunération injustifié dépasse 5%.
"Cependant, à quatre mois de l’application de la directive européenne, les alertes qui remontent du terrain doivent être entendues. Les données montrent clairement que, sans méthode, sans calendrier réaliste et sans accompagnement, le risque est de créer des tensions sociales et juridiques durables", affirme Audrey Richard, présidente de l’ANDRH.
"Le principal défi n'est pas uniquement d'ordre juridique. La transparence salariale va amener les managers à faire face à des questions d'explication et de justification pour lesquelles ils ne sont pas actuellement préparés", ajoute Emmanuelle Germani, vice-présidente de l’association.
Le gouvernement semble avoir entendu ces préoccupations.
Cette enquête a été menée auprès des membres de l’ANDRH entre janvier et février 2026 et a recueilli 567 réponses, dont 83% étaient des DRH ou RRH dans des entreprises comptant plus de 100 employés.







