Lors du sommet sur l'intelligence artificielle qui s'est tenu à New Delhi, 86 nations, incluant les États-Unis et la Chine, ont signé une déclaration soulignant l'importance d'une IA "sûre, digne de confiance et robuste". Cette initiative vise à instaurer la confiance et à maximiser les retombées sociales et économiques de cette technologie émergente.
Malgré l'enthousiasme, le texte se limite à des engagements volontaires sans mesures contraignantes, se concentrant sur la solidarité internationale dans la recherche en IA. En effet, comme l'affirme le document, "le véritable potentiel de l'IA ne se réalise que lorsque ses bénéfices sont partagés par toute l'humanité".
La publication de cette déclaration, initialement prévue vendredi, a été retardée pour garantir la participation de plus de 80 signataires, selon Ashwini Vaishnaw, ministre indien des Technologies de l'information.
L'opinion de Stuart Russell, un chercheur de renom en informatique, met en lumière l'importance de ces engagements, même s'ils ne sont pas encore contraignants. "Il est crucial que les pays exploitent ces accords pour ériger des législations capables de protéger leurs citoyens", a-t-il déclaré. Il a également souligné la nécessité de mesures de sécurité face aux dangers de cette innovation, tels que les pandémies ou la désinformation.
La question de l'emploi a également été mise en avant, le texte appelant à des initiatives de reconversion pour aider les travailleurs à naviguer dans un avenir façonné par l'IA. "Développer des systèmes d'IA économes en énergie est également primordial", a ajouté la déclaration, pointant du doigt la consommation électrique élevée des centres de données.
Des délégués de nombreux pays ont été présents pour discuter des régulations potentielles de l'IA. Bien que les précédents sommets n'aient pas abouti à des résultats concrets, ceux-ci ont permis de soulever des questions fondamentales sur l'éthique et la gestion de cette technologie.
Le Premier ministre indien Narendra Modi a partagé la scène avec Emmanuel Macron, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, ainsi que des figures de proue du secteur technologique comme Sam Altman d'OpenAI. Parmi les problématiques débattues figuraient les bénéfices sociétaux de l'IA, les menaces pour l'emploi et la consommation massive d'énergie des infrastructures technologiques.
Durant les discussions, deux visions opposées ont émergé : alors qu'Antonio Guterres a proposé la mise en place d'une commission chargée de garantir un contrôle humain sur l'IA, les États-Unis, par l'intermédiaire de Michael Kratsios, ont rejeté toute idée de gouvernance mondiale en la matière.
Sam Altman a plaidé pour une régulation immédiate, suggérant la nécessité d'une organisation internationale similaire à l'AIEA pour l'énergie atomique, afin de coordonner les efforts globaux sur l'IA.
Ce sommet, le plus important à ce jour avec une participation massive, sera suivi d'un rendez-vous à Genève prévu pour 2027, marquant une étape cruciale dans la gestion mondiale de l'intelligence artificielle.







