Ce vendredi, Donald Trump a révélé avoir signé un décret instaurant un nouveau droit de douane de 10 % à l'échelle mondiale, en réponse à une décision de la Cour suprême qui a invalidé sa politique tarifaire. Au cours d'une conférence de presse énergique, Trump a qualifié la décision de "terrible" et a manifesté sa "honte absolue", allant même jusqu'à accuser les juges d'agir sous l'influence d'"entités étrangères".
Ce décret devrait entrer en vigueur le 24 février pour une durée de 150 jours, prévoyant des exemptions pour certains secteurs comme l'industrie pharmaceutique. Les biens entrant aux États-Unis dans le cadre de l'accord États-Unis-Mexique-Canada ne seront également pas concernés, comme l'a précisé un communiqué de la Maison Blanche.
Les implications de cette mesure restent floues, notamment concernant les pays ayant des accords commerciaux établissant des droits de douane supérieurs à 10 %.
Les marchés ont réagi positivement mais prudemment, tant en Europe qu'aux États-Unis, les géants du commerce en ligne comme Amazon et Shopify étant parmi les principaux bénéficiaires de cette annonce.
Ce droit de douane, au cœur du programme économique de Trump, soulève déjà des inquiétudes quant aux incertitudes et aux complications qu'il pourrait engendrer sur la scène internationale.
Les réactions des partenaires commerciaux des États-Unis sont nuancées, accueillant la nouvelle avec une certaine prudence.
- Droits "réciproques" -
La décision relayée par une majorité de six juges sur neuf stipule que Trump ne peut justifier ces droits de douane sous prétexte d'urgence économique. Le président de la Cour suprême, John Roberts, a été clair : le président doit "fournir une autorisation explicite du Congrès" pour imposer des droits de douane.
- "Chaos" -
Selon le chef démocrate au Sénat, Chuck Schumer, ceci est une "victoire pour les consommateurs américains", tandis que Hakeem Jeffries a appelé Trump à éviter toute action unilatérale supplémentaire. Mike Johnson, président de la Chambre, a affirmé que "le Congrès et le gouvernement détermineront dans les semaines prochaines la meilleure marche à suivre", ouvrant ainsi la voie à des remboursements potentiels des surtaxes déjà perçues.
Trump a souligné que la question des remboursements n'avait pas été abordée par la Cour, prédisant des années de litiges. Les droits de douane collectés par Washington ont dépassé les 130 milliards de dollars en 2025, et selon le juge dissident Brett Kavanaugh, cette décision laisse en suspens la question du remboursement.
- Accords commerciaux -
Introduits en avril, ces droits visaient les pays affichant un déficit commercial. Trump les voit comme un moyen de surmonter ces déséquilibres et de générer des ressources pour compenser des baisses d'impôts.
Cependant, il a dû faire marche arrière, en exemptant certains produits que les États-Unis ne peuvent pas produire. Ces surtaxes ont également servi de levier pour négocier des accords commerciaux avec des partenaires tels que l'Union européenne, le Japon, et le Royaume-Uni.







