Le président américain, qui avait fait des droits de douane un enjeu central de son second mandat, se retrouve fragilisé par la décision de la Cour suprême.
Par Matthieu Le Gall
La récente décision de la Cour suprême dans l'affaire « Learning Resources, Inc. vs Trump », annulant la majorité des droits de douane imposés par Donald Trump, constitue un revers majeur pour le président républicain. Cet avis des magistrats les plus influents du pays marque un tournant décisif dans la dynamique de pouvoir à la Maison-Blanche, entraînant un échec trinité : sur le plan politique, économique et diplomatique.
En interdisant à Trump d'utiliser une loi d'urgence pour écarter le Congrès, qui détient la prérogative de définir les grandes lignes de la politique douanière de l'État, la justice limite l'emprise de l'exécutif. Cette décision rétablit l'autorité législative tout en redonnant vie à la séparation des pouvoirs, notion fondamentalement américaine théorisée par Montesquieu dans De l'Esprit des lois, un ouvrage essentiel pour les fondateurs de la démocratie américaine, comme l'explique l'historien Pierre Miquel (source : Le Monde).
Cette décision ôte ainsi au président son principal outil de manœuvre économique, car les droits de douane étaient censés financer une réduction d'impôts substantielle pour les contribuables. Au plan diplomatique, Trump perd également un moyen de pression qu'il a souvent utilisé, reliant les menaces aux négociations plutôt qu'à une véritable diplomatie. Ce dernier aspect pourrait s'avérer crucial dans le cadre des relations tendues avec l'Iran, où la Maison-Blanche doit désormais naviguer sans son arme principale. Selon l'expert en relations internationales, Claire Demesmay, cette situation pourrait accroître les tensions et compliquer davantage les discussions avec le régime des Mollahs.







