Lyon (AFP) – Samedi, une marche en mémoire de Quentin Deranque, un militant nationaliste, sera organisée à Lyon, avec le soutien de l'ultradroite, ayant reçu le feu vert des autorités. Ce rassemblement, anticipé sous haute surveillance, vise à contenir d'éventuels débordements.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, ainsi que la préfecture du Rhône, ont tranché en faveur de la "liberté d'expression" face aux demandes d'interdiction, tout en annonçant un dispositif de sécurité estimé à plusieurs milliers de policiers et gendarmes pour éviter les confrontations entre groupes d'ultradroite et d'ultragauche.
Sur le plan judiciaire, sept personnes ont été mises en examen pour "homicide volontaire" ou "complicité" en lien avec la mort de Deranque, suite à une agression survenue le 12 février dernier. "Il s'agit d'une rixe qui a abouti à un lynchage tout à fait inacceptable", a ajouté Nuñez lors d'une interview sur RTL.
Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a exprimé son souhait d'interdire cette marche, en évoquant "des risques avérés de troubles à l'ordre public". En réponse, le ministre a affirmé que les autorités doivent privilégier la "liberté avant l'inquiétude".
Tensions autour du parcours
Le parcours de 1,4 km a été approuvé, menant au lieu de l'agression, avec un important dispositif de sécurité. Les organisateurs, deux amies de Quentin, sont relayés par des groupuscules d’ultradroite tels que les Allobroges Bourgoin et les identitaires Héritage Lyon. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a conseillé à ses membres de rester à l'écart de ce rassemblement pour éviter toute association avec le parti.
La famille de Quentin a demandé à ce que cette marche se déroule "sans violences" et "sans expression politique", selon l'avocat de la famille, Fabien Rajon.
Par ailleurs, le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a jugé "grave erreur" d’autoriser cette marche, soulignant qu'elle ne constitue pas un hommage, mais plutôt une démonstration de force. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a également souligné que la présence de symboles néo-nazis est inacceptable pour rendre hommage à un jeune homme décédé dans des circonstances tragiques.
Appel au calme
Utilisant cette tragédie comme point d'ancrage, la famille de Deranque a appelé au calme et à la retenue, affirmant qu'ils ne participeraient pas à la marche. Leur fils, âgé de 23 ans, a été mortellement frappé par plusieurs individus lors d'une rixe en marge d'une conférence d'une eurodéputée de LFI.
Les déclarations à l'international, notamment de l'administration américaine, mettent également un accent sur ce qu'elle considère comme "l'extrémisme violent de gauche" en France, attirant l'attention sur le climat de tensions croissantes.
En fin de compte, alors que la marche se profile, les craintes de dégradations et de violences demeurent présentes dans un climat déjà électrisé.







