Ce mardi, neuf trafiquants présumés sont appelés à comparaître devant le tribunal judiciaire de Bayonne, accusés d'avoir orchestré un vaste réseau de trafic de cocaïne et de cannabis reliant le Maroc aux Landes, en passant par le Pays basque. L'enquête met en lumière les rouages d'un système complexe et organisé, qui aurait facilité l'acheminement de stupéfiants à grande échelle entre 2023 et 2024.
L'opération a été orchestrée par l'Office antistupéfiants (Ofast) de Bayonne, avec le collaboration du SICTG, le service d'enquête criminelle territorial de l'Ertzaintza, situé au Pays basque espagnol. D'après des sources locales, les équipes ont mené de nombreuses filatures et surveillances, aboutissant à l'identification d'une trentaine de convois entre novembre 2023 et mai 2024.
Les investigations ont démarré suite à une vente de cocaïne effectuée sur le parking d'un magasin Kiabi à Anglet en mai dernier. À partir de là, la police judiciaire a pu retracer les liens de plusieurs personnes impliquées, dont trois Landais, âgés de 28 à 33 ans, connus pour leurs activités criminelles antérieures. Ces individus auraient écoulé la drogue à un niveau local, mettant en avant les failles du système de sécurité local.
Une organisation bien rodée
La police a également identifié deux frères marocains vivant à Irún, âgés de 38 et 47 ans, comme étant au cœur de l'importation de drogue. En avril, ces derniers ont été arrêtés en possession de 100 kilos de cannabis. L'enquête a révélé que les drogues quittent le Maroc pour transiter par l'Espagne, avant d'atteindre les Pyrénées-Atlantiques et d'inonder le marché local avec la marchandise.
En effet, des perquisitions ont permis de découvrir des sommes colossales, y compris 180 000 euros en espèces cachés dans le jardin d'un revendeur, témoignant de l'ampleur de ce réseau criminel. Les neuf accusés sont désormais confrontés à des charges pour association de malfaiteurs. Leurs avocats sont attendus aujourd'hui pour plaider leur défense, en cherchant à prouver l'absence de collusion dans cette affaire complexe.
Ce procès s’inscrit dans un contexte où la lutte contre le trafic de drogue reste une priorité tant pour les autorités françaises que pour celles des pays voisins, témoignant d’un enjeu de sécurité publique majeur. Les implications de cette affaire pourraient répercuter sur les politiques de lutte contre le trafic au sein de la région.







