La proposition de Medef, qui vise à instaurer une « TVA sociale », est catégoriquement rejetée par l’économiste Gabriel Zucman. Pour lui, cette initiative entraînerait une hausse des prix à la consommation, ce qui est « particulièrement inacceptable et nocif pour l’économie française ».
La TVA sociale consiste à compenser la réduction des cotisations liées au travail par une augmentation de la TVA, dont une partie serait allouée à la Sécurité Sociale. Zucman a dénoncé cette approche lors de ses interventions à Tours pour la journée internationale de la CGT, soulignant que le contexte actuel, marqué par des pressions inflationnistes, rend cette idée totalement irrationnelle.
« La TVA sociale est une mesure extrêmement antisociale, car elle pèsera essentiellement sur les travailleurs, y compris ceux qui n’ont pas de revenus suffisants pour être imposables », a déclaré la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.
Un vieux débat réanimé
Ce sujet a refait surface dans un contexte de tensions croissantes autour des coûts du travail. Patrick Martin, le président du Medef, a récemment plaidé pour une réforme « structurelle », suggérant une diminution de 60 milliards d'euros des cotisations patronales destinées à l’Assurance-maladie, compensée par une augmentation de la TVA. Il a mentionné dans Le Figaro qu’il existe déjà environ 50 milliards d'euros de la protection sociale financés par la TVA.
La TVA sociale, adoptée en 2012 puis rapidement abrogée par l'ancien président François Hollande, est redevenue un sujet de débat public, notamment grâce à l’ex-Premier ministre François Bayrou. La gauche, le Rassemblement national et diverses organisations syndicales avaient vigoureusement contesté cette idée à l'époque.







