L'essentiel : Alors qu'une enquête administrative est en cours pour examiner les possibles défaillances dans le suivi judiciaire concernant le principal suspect de la disparition de Lyhanna, le député du Gers, David Taupiac, rappelle qu'il avait alerté le gouvernement dès avril 2025 sur le manque de personnel magistrat et les problèmes de fonctionnement au tribunal d'Auch.
Suite à la confirmation du décès tragique de la jeune Lyhanna et à l'ouverture d'une enquête, l'interrogation sur les moyens de la justice gersoise se pose avec acuité. Est-ce que les ressources étaient suffisantes pour assurer son bon fonctionnement ?
Plus d'un an avant ce drame, David Taupiac avait déjà adressé une question écrite au garde des Sceaux sur la situation préoccupante du tribunal d'Auch, dénonçant la rareté des magistrats et la présence chronique de postes vacants, notamment celui dédié à la protection des mineurs. Les dysfonctionnements du logiciel pénal Cassiopée étaient également en cause.

David Taupiac déclare : "Lors de l'audience de rentrée judiciaire en 2025, le président du tribunal avait mis en lumière ces difficultés. La Dépêche avait également rapporté cette situation troublante. J'avais rassemblé ces informations pour alerter le Gouvernement." Dans sa réponse publiée en août 2025, le ministère de la Justice a reconnu des postes vacants, annonçant l'arrivée prochaine de nouveaux magistrats ainsi que des mises à jour pour le logiciel Cassiopée.

Cette réponse n'a pas satisfait entièrement le député, qui se dit "déçu par le manque d'engagement" concernant les délais et le nombre de magistrats affectés. Bien que la situation ait connu des améliorations, il reste inquiet des conséquences des anciens sous-effectifs. "Le retard accumulé ne peut pas se résorber en quelques semaines. Des dossiers sont toujours non traités et la situation est critique."
La protection des enfants doit être une priorité absolue
David Taupiac préfère ne pas établir de lien direct entre les déficiences judiciaires et la tragédie. "Je ne peux déterminer s'il existe une corrélation. Cependant, cela pose de nombreuses interrogations. J'espère que l'enquête pourra éclaircir le rôle potentiel de ces manquements." Selon lui, les responsabilités sont partagées à plusieurs niveaux au sein de la chaîne décisionnelle.
Au-delà de l'enquête administrative, il appelle à une réponse structurelle. "La protection des enfants contre les violences sexuelles doit être une priorité absolue. Si l'on veut garantir cela, la justice doit disposer des ressources humaines et budgétaires nécessaires pour mener à bien cette mission. C'est essentiel pour éviter d'autres drames comme celui de Lyhanna."







