Cette décision représente un jalon important pour les proches de Chahinez Daoud, qui a perdu la vie tragiquement à Mérignac, brulée vive par son mari Mounir Boutaa en mai 2021. En mars dernier, ce dernier avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité et devra se représenter devant la cour d'assises d'appel de la Dordogne, du 23 au 27 novembre prochain.
Le juge a brillamment refusé une nouvelle demande de sursis formulée par l'agent judiciaire de l'État, estimant qu'il n'était pas judicieux d'attendre que l'affaire pénale soit définitivement tranchée avant d'examiner les éventuelles responsabilités des services judiciaires et policières dans la protection de Chahinez.
Cette décision, saluée par l'avocat des Daoud, Me Julien Plouton, est un signal fort que la justice doit avancer sur ces questions essentielles pour les familles de victimes. Lors d'une interview, Plouton a souligné : « L'agent judiciaire de l'État devra se justifier et répondre sur le fond des accusations. C'est une avancée significative. »
Un tournant pour les proches de victimes de féminicide
L'indignation face à la mort de Chahinez a mis en lumière des insuffisances évidentes au sein des institutions, révélées par des rapports de l’Inspection générale de la police nationale. Ces rapports ont mis en exergue une série de négligences et un manque flagrant de communication entre les différents services concernant les plaintes déposées par Chahinez avant son décès.
Selon Me Plouton, cette décision judiciaire marque « un tournant » pour les familles de victimes qui cherchent désespérément des réponses : « Les processus judiciaires ne doivent pas être une excuse pour retarder la justesse. » Il mentionne également un précédent troublant où une décision similaire a été prise dans une autre affaire de féminicide, celle de Sandra Pla, où l'attente de la cour d'appel a conduit à un traitement opposé.







