Le principal voleur a reçu une peine étonnamment plus sévère que celle du commanditaire. La cour a déterminé le préjudice pour les victimes à un million d'euros.
Les réquisitions ont presque toutes été satisfaites. Le mercredi 18 février, la cour d'appel de Bordeaux a rendu son verdict dans l'affaire emblématique du gang des grands crus. Les accusés ont été reconnus coupables d'avoir volé et recelé 4 000 bouteilles de vin prestigieux.
Les trois principaux membres du gang ont écopé de lourdes peines : dix ans, huit ans et six ans de réclusion. Les autres condamnations oscillent entre un et trois ans, souvent avec un aménagement de peine. "Une décision inattendue" pour Maître Alexandre Novion, avocat du plus sévèrement condamné. Ce Girondin de 35 ans, déjà bien connu des services de police, avait une implication notoire dans de nombreux délit. "Étrangement, celui qui a reçu la peine la plus lourde n'était pas celui qui contrôlait le réseau d'évacuation des bouteilles, souvent destinées à la Chine", explique l'avocat.
Le butin écoulé à Paris
L'affaire avait fait grand bruit en Gironde en 2020. Des cambrioleurs, après une planification soignée, avaient mené 18 vols nocturnes ciblant des négociants et des châteaux. Les pertes étaient initialement estimées à cinq millions d'euros. Les bouteilles volées se retrouvaient entre les mains de commerçants et restaurateurs de la communauté asiatique parisienne, et il se murmure que certaines bouteilles ont été expédiées vers la Chine. Parmi les condamnés, on trouve cinq Chinois, y compris un homme d'affaires.
Ces derniers ont été arrêtés en décembre 2020 grâce aux gendarmes de Bordeaux et à la police judiciaire. En tout, 12 individus ont été impliqués, bien que certains aient été jugés par le biais de procédures distinctes.
Les débats autour de ce procès, ouvert en novembre 2025 après plusieurs rebondissements, ont été particulièrement litigieux. Les avocats de la défense ont exprimé leurs craintes concernant une violation des droits fondamentaux, affirmant que leurs clients n'ont pas eu accès à un procès équitable. "Ce dossier est un véritable casse-tête judiciaire", a déclaré Maître Gaessy Gros.
"Cette cour semble avoir ignoré la défense", a précisé Maître Charles Dufranc, parlant d'un "rafistolage judiciaire".
Malgré les critiques, les peines prononcées demeurent élevées. "Nous pensions que le tribunal correctionnel se serait montré plus clément, tenant compte des irrégularités procédurales", a ajouté Dufranc. Sans droit d'appel, l'avocat Novion a annoncé : "Nous envisageons un pourvoi en cassation". De nombreux avocats font écho à ce sentiment, persuadés que les erreurs de procédure pourraient entraîner des contestations.
La cour a également ordonné que les condamnés remboursent un million d'euros pour compenser le préjudice subi par les professionnels affectés.







