Montpellier est en émoi après les dégradations survenues à la cathédrale Saint-Pierre lors du « Karnaval des gueux », un événement festif marquant la ville depuis 1995. Des participants ont particulièrement choqué les habitants et les fidèles en taguant les murs de l'édifice et en allumant des feux de palettes devant celui-ci.
Dans un communiqué, l'archevêque de Montpellier, Norbert Turini, a exprimé sa profonde indignation : « Ces événements, survenus en présence des forces de l’ordre restées inactives, interpellent la communauté et révèlent la déconsidération à l’égard de notre lieu de culte », a-t-il souligné. Face à cette situation, le diocèse a décidé de saisir la justice afin de comprendre les motivations des auteurs et de dénoncer l'inaction manifeste des policiers, qui étaient sur place sans intervenir.
Malgré le dispositif de sécurité mis en place, la préfecture a justifié l'absence d'intervention par des considérations tactiques, invoquant le risque pour les personnes présentes : « Le choix a été de protéger les citoyens présents, au lieu d’engager une intervention qui aurait pu aggraver la situation », a précisé la préfète Chantal Mauchet. Elle a par ailleurs exprimé sa solidarité avec le commissaire en charge de l'ordre public, affirmant que des décisions adaptées avaient été prises lors des événements.
Ce rassemblement annuel, décrié pour sa nature désordonnée, a vu environ 400 personnes s'agglutiner dans le centre-ville. Les participants, bien que protestant de manière festive, ont aussi été témoins de tensions historiques avec les forces de l'ordre, incitant à des mesures de sécurité accrues. La muraille de la cathédrale, véritable symbole religieux et culturel, a ainsi été souillée, déstabilisant les croyants dans un moment de rassemblement spirituel.
En ce premier jour du Carême, où la communauté chrétienne entre dans une période de réflexion et de conversion, les dégradations portent une portée particulièrement symbolique. Le diocèse a exprimé le besoin urgent de protection pour les lieux de culte et a appelé les autorités à garantir un environnement paisible pour la foi.
Les réactions sur les réseaux sociaux continuent de s'intensifier, notamment des appels à agir pour le respect des édifices religieux. Avec le soutien de voix publiques, comme l’écrivain et activiste local Pierre Dupont, qui a déclaré : « La protection de nos lieux de culte est non seulement un devoir, mais également un enjeu de société ». Les gestes de vandalisme suscitent un besoin de dialogue et de sécurité, pour que des événements festifs retrouvent leur dimension joyeuse sans empiéter sur la sacralité des lieux de culte.







