Depuis le début des hostilités au Moyen-Orient, les prix des combustibles, et plus particulièrement ceux du gazole, connaissent une hausse significative. Avant même le déclenchement de la guerre, le marché européen était déjà en crise, révélant la vulnérabilité du continent face à sa dépendance en matière d'importations de gazole, le carburant le plus demandé.
Les conflits récurrents affectent les exportations pétrolières du Golfe, avec des attaques sur des infrastructures clés et le contrôle de passages stratégiques comme le détroit d'Ormuz, aggravant ainsi les problèmes d'approvisionnement. Ces perturbations ont un impact direct sur l'inflation dans divers secteurs, comme le souligne un article du *Monde*.
Le gazole est omniprésent dans de nombreux secteurs, y compris le transport routier de marchandises et la pêche. Malgré une transition vers l'électrification des véhicules, des pays comme la France et l’Allemagne dépendent encore énormément du gazole. Selon un rapport de FuelsEurope, en 2024, il représentait 73 % de la consommation des carburants en France.
Une disparité marquée entre gazole et essence
Avant le conflit, l'équilibre de l'offre et de la demande pour le gazole était bien plus précaire que pour l'essence. Susan Bell, analyste chez Rystad Energy, explique que cette situation a provoqué une forte augmentation des coûts du gazole, contrairement à une hausse modérée des prix de l'essence. En France, depuis le début des frappes américaines sur l'Iran, le gazole a augmenté de 32,7 %, tandis que l'essence SP95-E10 n’a progressé que de 16,86 % selon des données du gouvernement.
Historiquement, l'Europe a été exportatrice nette d'essence tout en étant importatrice nette de gazole, situation qui s'est aggravée avec les sanctions contre la Russie, traditionnellement principal fournisseur de l’UE.
La dépendance aux importations moyen-orientales
Le Moyen-Orient a représenté plus de la moitié des importations européennes de gazole en 2025. Toutefois, avec les tensions grandissantes et les sanctions en place, les approvisionnements pourraient être gravement affectés. Les experts s'accordent à dire que le marché européen est à un carrefour; toute stratégie visant à rétablir un équilibre devra prendre en compte des sources alternatives de gazole. Toutefois, bon nombre de ces alternatives sont encore limitées et coûteuses, rendant la situation d'autant plus complexe.
Comme l'indique un expert de TotalEnergies, "les raffineries opèrent à pleine capacité, et il devient difficile de répondre à la demande croissante." Au final, l’Europe est face à un dilemme : reprendre des relations commerciales avec des fournisseurs russes pour compenser les pertes, ou explorer de nouvelles avenues, ce qui prendra du temps.







