Le 31 mars, un consortium de médias est-européens, incluant The Insider, VSquare et Delfi, a publié des informations incriminant Peter Szijjarto, le ministre hongrois des Affaires étrangères, accusé d'avoir transmis directement à Moscou des données stratégiques cruciales. Jean-Noël Barrot, ministre français, a qualifié cette action de «trahison» à l'égard de l'Europe, en réaction à ces révélations.
Lors de son intervention sur France Inter, Barrot a souligné l'importance de la solidarité au sein de l'Union européenne en ces temps difficiles, en précisant : «C'est une trahison de l'exigence de solidarité qui s'impose entre les pays de l'Union européenne». Il a ajouté la nécessité d’une unité face à la montée des nouveaux empires, rappelant que des désaccords existent parfois, mais que «l'unité doit prévaloir».
Les détails fournis par les médias indiquent que Szijjarto, proche de Viktor Orban, aurait communiqué directement avec son homologue russe Sergueï Lavrov lors de réunions à Bruxelles, ce qui soulève de sérieux doutes quant à la confidentialité des délibérations européennes. Barrot a évoqué le besoin d'assurer l'intégrité des discussions en ajoutant : «Cette révélation jette un voile de doute sur l'intégrité de nos délibérations».
Suite à ces accusations, Szijjarto a nié tout mauvais agissement, dénonçant des «ingérences» étrangères et une «interception» de ses appels, qualifiant la situation de «très grand scandale». Ces commentaires interviennent à la veille des élections législatives en Hongrie, où Orban vise un cinquième mandat consécutif.
Dans une réponse rapide, la Commission européenne a exigé des éclaircissements de la part du gouvernement hongrois, considérant les événements comme «extrêmement préoccupants». Paula Pinho, porte-parole de la Commission, a insisté sur la nécessité pour la Hongrie de s'expliquer, dénonçant la «possibilité alarmante qu’un gouvernement d’un État membre ait coordonné ses actions avec la Russie».
À l'approche des élections, la situation politique en Hongrie devient de plus en plus tendue. Orban, qui a exercé ses fonctions durant 16 ans, est confronté à une opposition renouvelée, avec des sondages indiquant que le parti Tisza de Péter Magyar pourrait venir bousculer sa position. Alors que des institutions pro-gouvernementales annoncent une victoire pour Fidesz-KDNP, la dynamique politique affiche un climat de compétition intense.







