Le week-end dernier, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a émis une alerte sanitaire de portée internationale en raison de la 17e flambée d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Ce pays, qui compte plus de 100 millions d'habitants, est actuellement affecté par le virus dans ses provinces orientales, souvent difficiles d'accès et en proie à divers groupes armés. Selon l'OMS, le risque épidémique est « élevé » pour l'Afrique centrale, mais « faible » au niveau mondial. Les autorités de santé estiment que l'épidémie pourrait avoir émergé « il y a plusieurs mois » déjà.
Les chiffres sont alarmants : l'épidémie a été responsable de 139 morts pour près de 600 cas probables, et les experts de l'OMS soulignent que la situation pourrait s'aggraver. Lors d'une conférence de presse à Genève, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS, a déclaré que même si le risque d'une pandémie est jugé « faible » à l'échelle mondiale, la situation nationale est préoccupante. Ce comité d'urgence a précisé qu'elle « ne répond pas » aux critères d'une urgence pandémique pour le moment.
La Commission européenne a quant à elle minimisé le risque d'infection au sein de l'UE, le qualifiant de « très faible ». Cela survient alors que les ONG, notamment Médecins sans frontières (MSF), font face à une évidente dégradation des aides internationales, exacerbée par la décision des États-Unis de se retirer de l'organisation mondiale sous la présidence de Donald Trump.
Des soins limités face à une crise grandissante
La maladie d'Ebola, qui cause une fièvre hémorragique souvent mortelle, continue d'inquiéter. Trish Newport, responsable des urgences pour MSF à Bunia, a alerté sur une situation critique : « Nous sommes pleins de cas suspects et n’avons plus de place », indiquant ainsi l'encombrement des établissements de santé locaux qui manquent cruellement de matériel de protection. Les hôpitaux, tels que celui de Rwampara, subissent une pression considérable, les professionnels de santé travaillent sans équipements adéquats.
Salama Bamunoba, représentant d'une organisation de jeunesse locale, a partagé un constat inquiétant : « Nous creusons des tombes sans gants, sans aucune protection. » Un cas et un décès ont également été signalés en Ouganda, mais aucun foyer d'épidémie n'a été établi dans ce pays.
Face à cette situation, plusieurs nations, dont les États-Unis, ont décidé d'intensifier les contrôles sanitaires aux frontières. Les dispositifs de sécurité sont en cours de renforcement pour les voyageurs en provenance des régions touchées, tandis que Bahreïn a déjà interdit l’entrée de visiteurs provenant de ces zones. L'OMS appelle à la vigilance, avertissant que « toutes les personnes infectées ne doivent pas voyager ».
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