Une femme allemande, se présentant sous le nom de Claudia Wuttke, prétend avoir été droguée, violée et filmée par son ancien partenaire, après avoir été confrontée l'an dernier à 67 vidéos de sévices. Actuellement, la prescription entrave le bon déroulement de l'enquête, comme le rapporte l'hebdomadaire *Der Spiegel*.
En effet, le parquet de Hambourg a annoncé avoir rouvert l'enquête sur ces vidéos, avec l'espoir de requalifier certains faits pour échapper au délai de prescription de cinq ans en vigueur pour les viols en Allemagne, sauf circonstances particulières.
"La question de l'existence du délai de prescription dépend de la qualification juridique des faits présumés", a déclaré une porte-parole du parquet.
Claudia Wuttke est une écrivaine de 59 ans, qui a partagé son histoire avec *Der Spiegel*. Dans les vidéos, elle subit des agressions sexuelles sur une durée apparente de 16 ans, un constat choquant qui remet en question le cadre légal actuel.
Une affaire qui fait écho à Gisèle Pelicot
Ce cauchemar rappelle le cas de Gisèle Pelicot, une Française devenue connue pour son témoignage sur des violences subies aux mains de son ex-mari. Wuttke, après avoir été contactée par la police, n'a réalisé l'horreur de son passé que grâce à ces vidéos, des preuves accablantes de ses souffrances.
"C'était le premier tremblement de terre", explique-t-elle, choquée de découvrir que son identité avait été filmée à son insu. La vidéo la plus récente est datée de 2021, rendant impossible toute preuve physique sans traces de substances.
67 vidéos retrouvées
En novembre 2025, elle a appris que, sur les 67 cas, 65 avaient été fermés en raison de la prescription. Actuellement, seules deux affaires sont en cours, l’une étant relative à une vidéo datant de 2021.
Dans l'autre, l'utilisation d'un "instrument dangereux", comme une batte de baseball, justifie un délai de prescription plus long.
"Impossible que la majorité de ce que j’ai vécu reste impuni"
Wuttke s'écrie : "Il n’est pas concevable que la majorité de ce que j’ai enduré reste impuni". Notez que le tribunal de Lüneburg a récemment rappelé que le délai de prescription commence dès que l’infraction est terminée, sans que la victime ait connaissance des faits.
La législation en Allemagne, réformée en 2016, a durci les sanctions mais a également raccourci les délais de prescription pour certains viols. Anna Gallina, ministre de la Justice de Hambourg, s'engage à plaider pour un allongement de ces délais, notamment lorsque la victime est dans l'incapacité de donner son consentement.
La situation de Wuttke met un coup de projecteur sur les lacunes des règlements actuels en matière de violences sexuelles et soulève un débat urgent sur la nécessité d'une réforme legislative en ce sens.







