Les médiateurs pakistanais et qataris arpentent Téhéran, cherchant à établir des bases solides pour une paix durable entre l'Iran et les États-Unis, alors que les discussions piétinent. Les analystes expriment leurs craintes concernant un éventuel retour à la violence, notamment si l'ancien président Donald Trump choisit de relancer des frappes ciblées contre la République islamique.
"Les négociateurs s'emploient à créer des conditions favorables à de nouvelles pourparlers, dans le but d'éviter une escalade militaire imminente, qui pourrait survenir dans les jours à venir sans avancées diplomatiques significatives," rapporte The Wall Street Journal.
Le Pakistan, aux côtés d'autres acteurs régionaux, s'attèle à atténuer le fossé entre les exigences américaines concernant le programme nucléaire iranien et les aspirations de Téhéran, qui se limite pour l'instant à la cessation des hostilités ainsi qu'à la levée des restrictions dans le détroit d'Ormuz, tout en demandant un assouplissement des sanctions économiques.
Le quotidien El País souligne que le Pakistan intensifie ses efforts pour faciliter un compromis entre Washington et Téhéran, essentiel pour maintenir la fragile trêve qui perdure depuis le 8 avril.
Craintes grandissantes
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rencontré son homologue pakistanais, Mohsin Naqvi, et le chef de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, qui est arrivé à Téhéran pour cette raison. Cette rencontre, jugée significative, témoigne de l'intensification des efforts diplomatiques sur fond de préoccupations croissantes autour d'un retour à un conflit ouvert, comme l'indique The New York Times.
Le Qatar a également envoyé une délégation en Iran, coordonnée avec les États-Unis, témoignant de son rôle prépondérant en tant qu'intermédiaire auprès des autorités iraniennes.
« Atmosphère positive »
Une source officielle citée par Al Jazeera affirme qu'un cessez-le-feu généralisé est un préalable essentiel à toute discussion future. Bien que des avancées ne soient pas encore concrètes, des efforts pour réduire les divergences sont en cours. L'atmosphère considérée comme positive est jugée cruciale bien qu'elle reste insuffisante.
D'après le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, il est encore prématuré de dire si nous avons atteint un point tournant dans ces pourparlers.
Changement d’agenda pour Trump
Aux États-Unis, les signaux sont loin d'être rassurants. Le secrétaire d'État Marco Rubio a signalé depuis la Suède qu'il y avait un certain "progrès", mais conditionné par la condition américaine de ne pas permettre à l'Iran d'imposer des péages au trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, rapporte The Guardian.
Donald Trump a convoqué son équipe de sécurité nationale pour discuter des implications militaires concernant l'Iran. Selon Axios, la Maison-Blanche a même annoncé un changement de dernière minute dans l'agenda du président, qui a décidé de rester à Washington pour aborder cette crise, annulant son déplacement prévu aux Bahamas pour un mariage de famille.
« Absence » de confiance
Comme le souligne Dawn, la confiance se fait toujours attendre entre les deux parties, l'Iran craignant que le cessez-le-feu ne soit qu'une pause avant de nouvelles attaques. Les récentes déclarations de Trump, menaçant de reprendre les hostilités en cas de réponses jugées insatisfaisantes, amplifient ces inquiétudes.
Les responsables iraniens considèrent que toute nouvelle action militaire de la part des États-Unis risquerait d'engendrer un conflit bien plus large que prévu au Moyen-Orient.







