L'ancien Premier ministre hun Sen, actuellement président du Sénat, a annoncé hier la grâce de Kem Sokha, le principal opposant politique, condamné pour trahison. Cette déclaration a suscité un sentiment partagé parmi la population cambodgienne.
Kem Sokha, co-fondateur du Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC), a été arrêté en 2017 et condamné à 27 ans de prison en 2023. Placé sous résidence surveillée à Phnom Penh, il a toujours nié les accusations portées contre lui, affirmant qu'il s'agissait d'une manœuvre pour l'écarter de la vie politique.
Dans son communiqué, Hun Sen a exprimé l'importance de cette grâce pour favoriser la stabilité et la solidarité nationale. Néanmoins, Sokha reste interdit de quitter le pays pendant cinq ans, selon le décret royal. Le Haut-Commissaire des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, avait préalablement exprimé ses préoccupations concernant le rejet de l'appel de Sokha.
Aujourd'hui âgé de 72 ans, Kem Sokha se retrouve à un tournant de sa carrière. Dans une lettre, il a indiqué qu'il ne ferait pas appel à la Cour suprême, malgré sa insatisfaction. Il a ajouté : "Résoudre ce problème dans un esprit de conciliation est dans l'intérêt de la nation et des Cambodgiens." Cette déclaration a suscité l'espoir d'un dialogue politique plus inclusif.
Hun Manet, le nouveau Premier ministre, a également salué cette décision comme un moyen de renforcer l'unité nationale. Ce geste marque-t-il un changement dans la dynamique politique du Cambodge, traditionnellement dominée par le Parti du peuple cambodgien (PPC) ? Les observateurs notent que d'autres opposants politiques, comme Sam Rainsy, ont été moins chanceux, ayant dû s'exiler. Les organisations de défense des droits de l'homme continuent de dénoncer l'usage des poursuites judiciaires dans le but de réduire au silence les voix dissidentes.
Alors que le roi Norodom Sihamoni se remet d'une maladie à l'étranger, la situation politique du Cambodge pourrait évoluer rapidement. Les prochains mois seront cruciaux pour comprendre si cette grâce est réellement le signe d'un assouplissement du régime ou simplement une concession tactique.







