Réunis à Paris pour les Assises du muscle, chercheurs et médecins ont abordé les conséquences inquiétantes de l'immobilité chez les jeunes.
La sédentarité en France engendrerait un coût annuel de près de 140 milliards d'euros. Bien que représentant 40 % de la masse corporelle, la santé musculaire reste largement négligée dans les initiatives de prévention. Lors d'une rencontre le 2 juin 2026 au ministère de la Santé, les chercheurs ont appelé à une meilleure reconnaissance de ce problème de santé publique.
Sédentarité : un fléau qui débute dès l'enfance
Boris Cheval, chercheur en sciences du sport, insiste sur l'importance d'agir dès l'enfance. Lors d'un point presse, il a révélé que seulement 2,68 % des adolescents respectent les recommandations en matière d'activité physique. Environ 34,2 % des collégiens présentent une endurance satisfaisante.
Cheval évoque aussi un « environnement sédentogène » qui réduit les occasions de bouger. En cumulant leurs heures à l'école, les élèves passent presque une année entière assis, engendrant des problèmes de santé préoccupants, tels que le diabète et les maladies cardiovasculaires. Pour remédier à cette situation, il prône une intégration accrue de l'activité physique dans le quotidien des établissements scolaires.
Le muscle, un rempart contre les pathologies
Fabrice Chrétien, directeur stratégique de l’Institut de myologie, souligne que la santé musculaire ne se limite pas à l’activité sportive. Elle joue un rôle crucial dans la prévention d’un large éventail de maladies, et peut réduire l’apparition de certains cancers de 25 à 30 %. De son côté, François Carré, professeur de cardiologie, alerte sur le fait que seule la moitié des adultes pratiquent une activité suffisante pour protéger leur santé. Les troubles musculosquelettiques représentent 87 % des maladies professionnelles en France, causant au moins 20 millions de jours de travail perdus chaque année.
Perte musculaire : un enjeu dès 25 ans
La sédentarité a des conséquences encore plus marquées avec l'âge. Selon Kiyoka Kinugawa-Bourron, professeure en gériatrie, la perte musculaire débute dès 25 ans, aggravant les situations de dépendance chez les personnes âgées. Plus de 80 % des seniors affichent des comportements sédentaires. Cela peut mener à la sarcopénie, augmentant les risques de chutes et les dépenses de santé.
Les intervenants se sont ainsi fait l'écho d'un besoin urgent d'investir dans la prévention. Alors que la France ne consacre que 1,9 % de ses dépenses de santé à cette question, il est temps de envisager un véritable « Plan muscle » pour intégrer l'activité physique au cœur des politiques publiques.
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