Besoin urgent de dénouer la crise, le président américain a plusieurs fois évoqué, ces derniers jours, qu’un accord pourrait être imminent, bien que rien de concret n'ait encore vu le jour. Donald Trump a déclaré mercredi qu'il était envisageable que les discussions avec l'Iran aboutissent ce week-end, et ce, malgré la recrudescence des tensions dans le Golfe et le revers subi par son administration avec le vote de la Chambre des représentants pour mettre fin à l’engagement militaire américain. Les déclarations du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, sont attendues ce jeudi, coïncidant avec un moment délicat alors que les négociations entre Washington et Téhéran stagnent.
«On m'informe que les négociations avancent bien (...) peut-être que nous parvenir à un accord ce week-end», a-t-il affirmé mercredi depuis le Bureau ovale, tout en admettant que ces pourparlers pourraient échouer. En attendant, le vote de la Chambre des représentants ordonnant le retrait des troupes américaines, bien qu'éludé par le droit de veto présidentiel, a renforcé le mécontentement croissant au sein des États-Unis vis-à-vis d'un conflit qui a fait grimper les coûts énergétiques, comme le note FranceInfo.
Confronté à une pression croissante, Donald Trump a souvent suggéré qu’un accord était en vue, sans toutefois que quelque chose de tangible n'émerge sur le plan diplomatique. De plus, de nouveaux incidents ont eu lieu dans le Golfe, compromettant le cessez-le-feu établi le 8 avril. Téhéran, de son côté, a averti d’un risque de «reprise à grande échelle de la guerre» en cas d'agression contre Beyrouth, une menace soulevée par Israël lors de sa campagne contre le Hezbollah, le mouvement chiite soutenu par l'Iran. Dans une interview à Al Mayadeen, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré : «Nous avons envoyé des messages sur la nécessité de cesser les agressions contre Beyrouth, mais aucun progrès n’est visible jusqu’ici dans le processus de négociation».
Avant un raid israélien ayant causé la mort d'au moins 10 personnes mercredi, le Liban et Israël étaient parvenus à s'accorder sur un «cessez-le-feu» et sur l’établissement de zones de sécurité sous le contrôle de l’armée libanaise, jusqu’ici exclue du conflit. Cependant, cette trêve est soumise à un «arrêt complet» des attaques du Hezbollah, qui a continué de revendiquer des frappes contre des positions israéliennes dans le sud libanais.
Le président américain a également exprimé sa volonté de «séparer» les discussions concernant le Liban de celles portant sur l'Iran, alors que l'Iran considère ces sujets comme inextricablement liés. Un autre point sensible réside dans la question de l'uranium enrichi, que les États-Unis et Israël accusent d'être destiné à des fins nucléaires, une assertion que Téhéran dément catégoriquement. Au sein du gouvernement américain, des déclarations ont été faites par le sénateur Marco Rubio affirmant que «la problématique de l'uranium enrichi est clairement en discussion avec l'Iran», tout en signalant que Téhéran n’a pas approuvé les propositions.
Enfin, Trump a exprimé son désir de rencontrer Khamenei, dont la déclaration imminente intervient à peine quelques jours avant le 37e anniversaire de la mort de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique. Cette commémoration tombe cette année en même temps qu'une grande fête chiite, alors que la violence a récemment refait surface, notamment autour du détroit d'Ormuz, un axe maritime vital pour le commerce pétrolier, comme le souligne Le Monde.
Récemment, le Koweït a accusé l'Iran d’avoir mené une attaque néfaste contre son aéroport, marquant une première depuis l’instauration du cessez-le-feu. Les Gardiens de la Révolution, bras armé de la République islamique, ont démenti avoir visé l’aéroport et ont précisé avoir attaqué une base aérienne au Koweït ainsi que le quartier général de la Cinquième flotte américaine à Bahreïn, en réponse à des frappes américaines. D'après des informations rapportées, le Koweït aurait été ciblé par 13 missiles balistiques et 17 drones iraniens. Un résident, Hassan Sheikh, témoigne : «Les explosions étaient rapprochées des zones résidentielles. Pour la première fois, les enfants ont ressenti la gravité de la situation».







