La Chambre des représentants des États-Unis a validé mardi un projet de loi budgétaire colossal, allouant près de 70 milliards de dollars pour intensifier les efforts de lutte contre l'immigration, une priorité marquée de l'administration Trump.
Ce texte, qui a reçu l'approbation du Sénat la semaine précédente, prévoit pendant les trois prochaines années près de 38 milliards de dollars pour le service de la police de l'immigration (ICE), environ 26 milliards pour la police aux frontières (CBP) et près de 5 milliards pour couvrir des coûts imprévus. Avec ce budget, le gouvernement Trump envisage de financer un programme d'expulsions massif.
Ce nouvel envoi de fonds rejoint les presque 140 milliards de dollars déjà approuvés l'an dernier par un Congrès à majorité républicaine, alloués également à la lutte contre l'immigration.
L'administration actuelle se trouve sous pression de la part des partisans d'une ligne plus stricte sur l'immigration, qui regrettent l'incapacité des autorités à atteindre l'objectif d'un million d'expulsions par an. Tom Homan, une figure clé derrière le programme d'expulsions, a promis d’accélérer les opérations, même dans des villes majoritairement démocrates comme New York.
- "Chèque en blanc" -
Après le vote, le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, a salué la décision, affirmant que "les démocrates ne pourront pas retirer le financement de l'ICE et de la CBP pour les années à venir".
Le projet de loi est maintenant transféré à la Maison Blanche pour approbation présidentielle. Son adoption survient dans un contexte de controverses récurrentes autour des pratiques de l'ICE et de la CBP, exacerbées par la mort tragique de Renee Good et d'Alex Pretti, tués par des agents fédéraux lors de manifestations à Minneapolis.
"Les dollars des contribuables doivent être utilisés pour améliorer le quotidien des Américains, et non pour fournir un nouveau chèque en blanc de 70 milliards de dollars à l'ICE", a déclaré Hakeem Jeffries, chef de la minorité à la Chambre, en opposition à ce budget.
En février, la résistance démocrate avait conduit à une paralysie budgétaire record au ministère de la Sécurité intérieure. Les démocrates appellent à des réformes, comme l'exigence pour les agents de porter des caméras-piéton, que le projet approuvé ne prend pas en compte.
De plus, certaines demandes de Trump, comme le financement d'une salle de bal à la Maison Blanche, ont été écartées, suscitant des réticences parmi les élus républicains, peu enclins à financer des projets jugés excessifs avec les fonds publics. De même, un fonds de près de 1,8 milliard de dollars pour les "victimes du système judiciaire" a été retiré, dénoncé par l'opposition comme une "caisse noire".
Face à cette résistance croissante, le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, a annoncé qu'il ne poursuivrait pas cette initiative dans le texte soumis au Congrès.







