L'ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol a été condamné à une peine de 30 ans de prison pour son implication dans l'envoi de drones en Corée du Nord, une initiative controversée qui visait à provoquer Pyongyang dans l'intention de justifier un état d'urgence.
Les procureurs ont affirmé que cette opération était destinée à «fabriquer des conditions de temps de guerre», affirmant qu'elle avait mis en péril la sécurité nationale en rendant les tensions avec le Nord plus palpables. Un porte-parole du tribunal de Séoul a confirmé cette condamnation dans une déclaration à l'AFP.
À 65 ans, Yoon a déjà subi des conséquences judiciaires sévères, ayant été condamné à la prison à vie en février dernier pour «insurrection» suite à des tentatives d'imposer un état d'urgence au Parlement en décembre 2024. Il a également reçu une peine de cinq ans d'emprisonnement plus tôt cette année dans un autre dossier.
Les accusations contre lui incluent l'envoi de drones propulsés par propagande au-dessus de Pyongyang, une manœuvre destinée à déclencher un incident militaire, selon les procureurs. Cette action a contribué à des tensions avec la Corée du Nord et a même entraîné la fuite d'informations sensibles, puisque certains drones se sont écrasés sur le territoire nord-coréen, rapportent les agences, dont Yonhap.
En dépit des risques, la réaction de Pyongyang a été mesurée, se contentant de menacer une riposte en cas de nouvelles actions similaires. Toutefois, Yoon a poursuivi ses efforts, citant des menaces représentées par des «forces anti-État» et la résistance de l'opposition à ses projets budgétaires.
Un groupe de députés a réussi à se rassembler et à voter une résolution contre la loi martiale, forçant Yoon à faire marche arrière après six heures de suspension de celle-ci, ce qui a provoqué une crise politique significative en Corée du Sud.
Destitué en avril 2025, Yoon, actuellement en détention, a interjeté appel de sa condamnation à perpétuité, déclarant qu'il avait agi «pour le seul bien de la nation». Ses avocats contestent les accusations d'envoi des drones, avançant qu'il n'existait aucune directive de sa part pour cette action, soulignant que celle-ci était une réaction à des provocations nord-coréennes formulées sous forme de ballons chargés de déchets transitant vers le sud, considérant cela comme un acte d'autodéfense légitime.







