Comment le département prend-il en compte la santé mentale des jeunes dans ses politiques publiques ?
Le Conseil départemental s'engage activement sur divers fronts, notamment en matière de prévention grâce à la Protection Maternelle et Infantile (PMI). Un enfant qui exprime ses émotions est plus à même de surmonter les traumatismes que celui qui est contraint au silence. C'est pourquoi nous mettons en place un soutien à la parentalité, surtout à travers la politique des 1 000 premiers jours de l'enfant. Les réalités parentales varient considérablement aujourd'hui, mais être mère célibataire ne doit pas mener à la souffrance. La qualité de la relation parent-enfant, essentielle pour la santé mentale, doit être entretenue dès le départ.
Certaines situations, particulièrement auprès des jeunes bénéficiant de l'aide sociale à l'enfance (ASE), rendent cette prévention plus complexe.
C'est vrai. Parmi les 1 200 jeunes suivis par l'ASE dans notre département, dont la moitié ont entre 13 et 21 ans, la santé, y compris mentale, est leur principale préoccupation. Cela a été confirmé lors d'un conseil départemental dédié. Nous cherchons à briser les politiques en silo, en favorisant la collaboration entre tous les acteurs locaux : le Conseil départemental, l’ARS, l’Éducation Nationale, etc. Dans le cadre d’un appel à projets initié l'an passé, dirigé par l'Aide à Domicile en Milieu Rural (ADMR), nous avons créé huit places pour enfants, afin d'offrir aux parents un peu de répit. Ce n’est pas un processus judiciaire, mais une initiative administrative visant à renforcer le lien parent-enfant. Cette année, nous avons également lancé un projet visant à traiter les vulnérabilités multiples chez ces jeunes, avec une structure de 24 places dédiée.
« Nous identifions les problèmes précocement, mais nous manquons souvent des moyens pour orienter ces jeunes vers le soin. »
L'ampleur des enjeux exige des ressources substantielles du Conseil départemental.
Nous multiplions les projets dits ‘aller vers’. Par exemple, nous avons créé Psy-Dev, une équipe mobile de La Candélie qui intervient auprès des enfants placés en situation de crise. De même, grâce à un projet réalisé par La Sauvegarde, nous avons mis en place un dispositif d’éducation mobile, Mobi’ducs, pour aller à la rencontre d’élèves décrocheurs de 16 à 18 ans dans le cadre de leur obligation de formation. Maintenir un lien social est essentiel.
Malgré ces initiatives, avez-vous l'impression de combattre une marée avec une cuillère ?
Nous sommes proactifs dans le dépistage, mais les dispositifs d'orientation vers les soins manquent souvent de ressources. Aujourd'hui, nous procédons à l’élaboration de parcours individualisés pour chaque jeune, un travail minutieux qui ne produit pas toujours les résultats escomptés. Notre environnement n'est pas toujours adapté aux besoins des jeunes. Cependant, notre budget a considérablement augmenté, atteignant actuellement 70 millions d'euros pour les politiques liées à l'enfance et la jeunesse, soit une hausse de 45 % en quatre à cinq ans. Dans un département de taille modeste comme le nôtre, les acteurs collaborent efficacement, rendant notre approche harmonisée dans l’intérêt des jeunes.
« Santé mentale : l’alerte ! Adolescents violents ou société violente ? » est le thème de la conférence organisée par « Sud Ouest » et Upsa, le mardi 16 juin au CGR, à partir de 17h30. L'événement est gratuit, mais une inscription préalable est requise via billetweb.fr/conf-sante-mentale-agen.







