Le candidat aux élections présidentielles, Bruno Retailleau, a récemment fait des vagues en proposant une castration chimique obligatoire pour les délinquants sexuels les plus récidivistes. Cette proposition, formulée lors d’une interview à BFMTV, vise à protéger les enfants contre ces criminels jugés les plus dangereux.
Le traitement, qui réduit la libido, est souvent prescrit dans le cadre d'un suivi judiciaire, mais il nécessite le consentement du patient. D'après le Service public, le refus de cette option peut entraîner des peines de prison. Cependant, les experts mettent en garde : cette mesure ne doit pas être considérée comme un remède miracle. "Ce n’est pas une panacée, c’est un outil parmi d’autres," affirme Walter Albardier, psychiatre au Criavs, lors d'une interview accordée à Franceinfo.
Cette question n'est pas nouvelle. En 2018, après le meurtre tragique d'Angélique Six, Laurent Wauquiez avait lui aussi plaidé en faveur de la castration chimique des "prédateurs sexuels". Des cas passés, comme celui de Francis Evrard en 2007, montrent que même les auteurs de crimes graves peuvent récidiver, même sous traitement. François Evrard, alors libéré de prison, avait commis un nouvel acte criminel alors qu'il était sous castration chimique.
Bien que le traitement soit déjà en place dans certains cas, il soulève de nombreuses questions éthiques et pratiques. Les effets secondaires potentiels et la complexité de sa mise en œuvre rendent la solution bien moins simple qu'elle ne le paraît. Walter Albardier, qui parle d'un traitement souvent utilisé "à la marge" pour des cas spécifiques, explique que ce n'est pas une solution à appliquer à tous les délinquants sexuels.
"C’est un des outils qu'on utilise, mais ce n'est ni la panacée ni la solution magique."
Walter Albardier, psychiatre et président du Criavs d’Ile-de-France, sur Franceinfo







