Le gouvernement sud-africain intensifie les retours de ressortissants étrangers après une récente flambée de violences dirigées contre les migrants. Le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, a annoncé que 2 745 étrangers avaient été rapatriés en une semaine, suite à l'engagement du président Cyril Ramaphosa de lutter contre l'immigration illégale. Ces violences, qui incluent des pillages et des attaques ciblant des communautés comme celles des Nigérians, Malawites et Zimbabwéens, ont incité nombreux à revenir dans leur pays d'origine.
Depuis quelques mois, des manifestations xénophobes prennent de l'ampleur en Afrique du Sud. Le ministre a précisé que les rapatriements sont principalement destinés aux migrants en situation irrégulière, dont beaucoup recherchent désespérément à quitter le pays où ils se sentent en danger. Les récentes violences ont également alimenté un climat de peur parmi les Sud-Africains eux-mêmes, comme le souligne un rapport de Sud Ouest. Des groupes de citoyens armés, en réponse à la situation, ont menacé les étrangers, leur intimant de quitter le pays avant des délais imposés.
Parmi ceux qui ont été rapatriés, de nombreux Malawites, dont des milliers se trouvaient entassés dans des camps à Durban, ont exprimé leur soulagement. Fortunate Chilenje, une jeune femme de 25 ans vivant en Afrique du Sud depuis trois ans, a déclaré à l'AFP : "Je suis soulagée que nous partions enfin. C'est mieux que de vivre ici dans la peur."
Il est crucial de noter que ces événements surviennent dans un contexte économique tendu où le taux de chômage dépasse les 30%. La pauvreté et les frustrations économiques exacerbent les sentiments anti-migrants, entraînant parfois des éclats de violence. Les tensions ont encore été ravivées par le meurtre de deux Mozambicains lors d'une marche contre l'immigration illégale, ce qui, selon les autorités mozambicaines, a fait un total de cinq victimes.
L’Afrique du Sud, qui abrite environ 3 millions d’étrangers, soit 5,1 % de sa population totale, est souvent perçue comme un eldorado économique sur le continent. Cependant, les récents incidents illustrent une fracture sociale profonde, exacerbée par des promesses politiques qui peinent à répondre aux attentes des citoyens.







