Des conditions inhumaines dans les cellules
À Namur, un constat accablant s'impose : vivre à trois dans une cellule de 9 m² devient un véritable calvaire en période de canicule. Les témoignages recueillis soulignent l’horreur de cette situation, exacerbée par une surpopulation carcérale déjà endémique en Belgique.
"C'est invivable, on est en train de crever", lâche un détenu de 26 ans, installé sur un lit superposé, avec un matelas pour un troisième occupant au sol. Son voisin, un homme de 44 ans, partage son ressentiment : "C'est horrible, inhumain ! La chaleur dépasse les 40 degrés, c'est un calvaire".
La canicule ravive des tensions qui, selon *Le Soir*, étaient déjà présentes dans cet établissement pénitentiaire vieux de deux siècles. Les cellules, généralement prévues pour accueillir deux personnes, sont surpeuplées, laissant peu d'espace pour respirer.
Une gestion difficile en pleine chaleur
Avec les températures extérieures dépassant les 30°C, la situation s'est aggravée. Les détenus, limités dans leur capacité à communiquer, ressentent un besoin urgent de se libérer de cette chaleur suffocante. "On se marche dessus", expliquent-ils, désespérés dans ces conditions.
Les repas, moments de sociabilité, sont également marqués par la chaleur. Un prisonnier chargé de distribuer les repas doit régulièrement essuyer la sueur de son front, illustrant l’impact de la chaleur sur le personnel également. Julien Faessel, responsable de l'aile psychiatrique, a noté que "la chaleur ajoute une pression déjà présente dans l'environnement carcéral".
État des lieux de la surpopulation carcérale
Cette prison de Namur, avec ses 247 détenus pour 220 places, illustre un phénomène national. En effet, l'Administration pénitentiaire (AP) dénombre plus de 600 matelas supplémentaires dans les 39 établissements belges, la situation se dégradant depuis 2025. Valérie Lebrun, directrice de la prison de Namur, a commenté : "Avant, il y avait deux ou trois matelas au sol ici. Depuis juin 2025, je ne suis jamais descendue en dessous de dix".
Les surcharges compliquent considérablement la gestion des mouvements des détenus, questions de sécurité au quotidien et accessibilité des services. Ce climat de mécontentement ne passe pas inaperçu : le directeur de la méga-prison de Haren a récemment démissionné en raison des conditions de travail dégradées, témoignant de la gravité de la situation actuelle.
La combinaison de la surpopulation et de la chaleur met en lumière des besoins urgents en matière de réformes. Les experts appellent à un investissement accru dans les systèmes de santé mentale et de soutien aux toxicomanes pour éviter que ces individus ne finissent derrière les barreaux, déjà accablés par des problèmes de santé préexistants.







