Malgré les tensions, le passage maritime d'Ormuz reste actif

La navigation se poursuit dans le détroit d'Ormuz malgré les rivalités croissantes entre l'Iran et l'Occident.
Malgré les tensions, le passage maritime d'Ormuz reste actif
©Joseph EID, AFP - Des partisans du Hezbollah brandissent le portrait du leader historique du mouvement assassiné par Israël, Hassan Nasrallah, à l'occasion de l'Achoura, journée de deuil pour la mort de

Des navires continuent de circuler vendredi à travers le détroit d'Ormuz, empruntant des routes non officielles selon les données de suivi maritime, malgré une récente attaque sur un cargo qui a incité l'ONU à suspendre l'évacuation de certains navires.

L'Iran a émis plusieurs mises en garde concernant les traversées non autorisées et a déjà touché un cargo jeudi dernier. Cette incident a mené l'agence maritime de l'ONU à interrompre ses opérations d'évacuation, en attente de garanties de sécurité.

Donald Trump a dénoncé cette situation, qualifiant de "violation stupide" du cessez-le-feu avec l'Iran, dans un contexte où les deux parties sont engagées dans des négociations visant à établir un accord final. Le protocole d'accord, signé le 17 juin, avait auparavant permis de rouvrir cette voie maritime cruciale.

Selon le président américain, l'Iran aurait lancé plusieurs drones d'attaque contre des navires depuis le début des hostilités, survenant après la décision de Téhéran de verrouiller Ormuz à la fin février.

Vendredi, 29 navires commerciaux ont traversé le détroit, avec 10 à destination du Golfe et 19 en partance, comme l'a rapporté Kpler. La majorité d'entre eux ont choisi de naviguer le long des côtes d'Oman.

Après un pic de 57 navires ayant franchi le détroit mercredi, seulement 42 ont navigué jeudi, dont la moitié en suivant la côte omanaise, conformément aux données fournies par Kpler.

L'autorité maritime iranienne a averti que "tout passage en dehors des voies définies par l'Iran" ne serait pas protégé par des garanties de sécurité.

Le secrétaire général de l'OMI, Arsenio Dominguez, a précisé que le processus d'évacuation reprendra dès qu'il aura obtenu des confirmations sur les garanties de sécurité. Actuellement, 11 000 marins de 600 navires doivent être évacués, dont 2 500 ont déjà été évacués depuis mardi.

Malgré cette instabilité dans une zone qui représente environ 20% du commerce mondial d'hydrocarbures, les prix du pétrole ont continué de baisser. Selon des analystes d'ING, le trafic maritime persiste sans grandes interruptions, favorisant cette tendance baissière.

Alors que les deux parties se disputent la gestion de ce passage stratégique, Téhéran souhaite imposer des frais de passage, une proposition qui n’est pas acceptée par Washington. Un autre sujet de conflit reste celui de l'armement nucléaire iranien.

Rafael Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a déclaré qu'un système de vérification plus rigoureux était essentiel pour garantir que l'Iran ne développe pas d'armes nucléaires. Le protocole d'accord stipule que l'Iran ne doit pas enrichir d'uranium à des niveaux militaires, tout en visant une méthode de dilution supervisée par l'AIEA.

Avant les frappes américaines et israéliennes en juin 2025, l'AIEA avait estimé que l'Iran détenait environ 440 kg d'uranium enrichi, soit presque suffisant pour produire une arme nucléaire. Depuis, les inspecteurs ont été empêchés d'accéder aux sites touchés.

À Téhéran, la population ressent peu ou pas d'amélioration suite à la signature du protocole. Amir, un employé de 28 ans, a déclaré : "La vie est devenue plus difficile" à cause de l'inflation. Les sentiments d'anxiété et de confusion persistent, tandis que Mehdi, un créateur de contenu, souligne les profondes cicatrices économiques et sociales causées par le conflit.

Au Liban, des discussions entre Beyrouth et Israël continuent à Washington, le président libanais, Joseph Aoun, ayant salué les efforts de la France et de l'Italie pour établir une coalition multinationale en remplacement de la force de l'ONU, dont le mandat expire en 2026.

Israël rejette tout retrait tant que la menace d'une agression par le Hezbollah reste active, tandis que le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, demande un retrait israélien inconditionnel.

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