La dépouille de l'ayatollah iranien Ali Khamenei a fait une halte en Irak mercredi, où des milliers de fidèles se sont rassemblés pour lui rendre un dernier hommage dans les villes sacrées de Najaf et Kerbala. Ce périple précédant son inhumation en Iran marque la fin d'une figure centrale de la politique régionale.
Depuis samedi, l'Iran a engagé des cérémonies de deuil, alliant tradition et ferveur, pour son guide suprême, tragiquement décédé le 28 février dans un conflit qui oppose Téhéran à Tel Aviv et Washington. Après plus de 30 ans de pouvoir, son départ laisse un vide palpable.
Le choix d'Irak pour cet hommage n'est pas anodin. En tant que voisin majoritairement chiite, l'Irak entretient des liens étroits sur le plan politique et religieux avec l'Iran. Les autorités irakiennes ont, pour l'occasion, décrété une journée de deuil et mobilisé des forces de sécurité significatives pour garantir le bon déroulement des cérémonies, dont l'ouverture était prévue à 06H00 (03H00 GMT).
La dépouille de Khamenei est arrivée mardi soir à l'aéroport international de Najaf, accueillie par des figures politiques de premier plan, parmi lesquelles le président iranien Massoud Pezeshkian, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, et le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi. La présence du général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, témoigne également de l'importance de ces rites.
L'absence de Mojtaba Khamenei, successeur désigné et fils de l'ayatollah, soulève des interrogations sur l'avenir du leadership en Iran. Tandis que les foules se préparent à affluer à Najaf et Kerbala, décorées de portraits de Khamenei et de banderoles, certains comme Mohammed al-Bayati, 30 ans, y voient une occasion d’honorer un leader ayant défié les puissances occidentales.
Le cortège funèbre parcourra six kilomètres jusqu'à l'imposant sanctuaire de l'imam Ali, alors que de nombreux pèlerins espèrent rendre un hommage à l'homme qui a marqué l'histoire contemporaine.
Après Najaf, la dépouille poursuivra sa route vers Kerbala, un autre lieu sacré. Esmaïl Qaani a salué la coordination des autorités irakiennes, soulignant un lien spirituel fort entre les deux nations.
Cependant, les relations entre l'Iran et l'Irak ont été tumultueuses. Les souvenirs de la guerre Iran-Irak dans les années 80, qui a vu Saddam Hussein réprimer les chiites, sont encore frais. Néanmoins, depuis 2003, les deux pays se rapprochent, établissant un partenariat, même si les tensions avec les États-Unis persistent.
Alors que des groupes armés pro-iraniens font entendre leur voix, Haidar Jaafar, originaire de Bassora, se déclare déterminé à se joindre aux millions d'autres pour honorer la mémoire de Khamenei, qu'il considère comme un martyr des luttes anti-israéliennes.
L'ultime inhumation de l'ayatollah se tiendra jeudi à Mashhad, sa ville natale, clôturant des obsèques marquées par une émotion intense et l'unité d'une communauté largement mobilisée par son héritage.







