Un jeune membre des forces de sécurité est décédé dans l'ouest de l'Iran, marquant ainsi la première perte humaine dans les manifestations contre la hausse des prix, qui perdurent depuis cinq jours.
La télévision d'État a rapporté qu'un volontaire du Bassidj de la ville de Kouhdasht, âgé de 21 ans, a été tué par des émeutiers alors qu'il tentait de maintenir l'ordre public, selon les propos du vice-gouverneur de la province du Lorestan, Saïd Pourali.
Cette tragédie intervient alors que les rassemblements, qui ont débuté dimanche à Téhéran, se propagent à d'autres villes et notamment aux universités. Les autorités ont désigné de nombreux manifestants comme des émeutiers, tradition généralement adoptée lors de mouvements sociaux.
Le Bassidj, paramilitaire lié aux Gardiens de la Révolution, a souvent été accusé d'intimidation lors de ces manifestations. Selon M. Pourali, lors de ces événements à Kouhdasht, 13 policiers et membres du Bassidj ont été blessés par des jets de pierres.
Kouhdasht, une ville de près de 90 000 habitants, se situe à 550 km de Téhéran, où des commerçants ont lancé un cri de détresse face à la flambée des prix et à un contexte économique très difficile. Le président Massoud Pezeshkian a souligné l'urgence de la situation, déclarant que négliger le bien-être économique de la population pourrait conduire à des conséquences graves.
Les tensions ont rapidement atteint au moins dix universités à travers le pays, où des incidents violents ont été signalés. Mercredi, une attaque a même visé un bâtiment gouvernemental à Fassa, alors que de nombreuses régions du pays observaient un jour de repos prolongé décidé par les autorités, officiellement pour des raisons de froid et d'économies d'énergie.
Le procureur général de la République islamique, Mohammad Movahedi-Azad, a déclaré qu'il comprenait les motivations derrière ces manifestations pacifiques. Toutefois, il a averti que toute tentative de déstabilisation entraînerait une réponse sévère. Dans un contexte de hausse inquiétante des coûts de la vie, la monnaie nationale, le rial, continue de s'effondrer, ayant perdu plus d'un tiers de sa valeur par rapport au dollar en un an, exacerbant ainsi les difficultés des citoyens.
Des experts estiment que l'inflation, qui atteignait 52% en décembre selon le Centre de statistiques d'Iran, influe sur le climat social et pourrait raviver un mouvement de protestation similaire à celui de 2022, suscité par la mort de Mahsa Amini. La situation économique cataclysmique semble rendre les citoyens de plus en plus frileux à l'idée de se retirer face à des injustices économiques persistantes.
Selon des informations relayées par Le Monde, des arrestations ont eu lieu, ciblant des individus prétendument liés à des groupes hostiles basés à l'étranger, accusés d'inciter à la violence lors des manifestations. Dans ce climat tendu, la possibilité de tensions continues semble inévitable à moins que des mesures substantielles ne soient prises pour répondre aux crises économiques.







