Paris (France) – Un vent d'incertitude souffle sur les marchés financiers alors que le climat d'aversion au risque s'intensifie suite aux récentes menaces de poursuites judiciaires contre la Réserve fédérale américaine (Fed) par le ministère de la Justice. Ces tensions ont propulsé les métaux précieux à des niveaux inédits, tout en pesant sur les indices boursiers européens, comme l'indique Le Monde.
Au cours de la matinée, le prix de l'once d'or a grimpé de 1,72 % pour atteindre 4.587,17 dollars, après avoir atteint un sommet record de 4.599,87 dollars. De son côté, l'argent a connu une montée encore plus spectaculaire, avec une hausse de 5,59 % à 84,319 dollars et un pic à 84,609 dollars. Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, a souligné que cette flambée des métaux précieux est alimentée par une forte aversion pour le risque, exacerbée par des inquiétudes concernant l'indépendance de la Fed.
Le président de la Fed, Jerome Powell, a révélé dans un communiqué que la banque centrale a été convoquée par le ministère de la Justice, suite à une audition de juin dernier, ce qui pourrait mener à des accusations. Cette convocation s'inscrit dans un contexte tendu de pressions exercées par le président Donald Trump, qui souhaite une réduction plus aggressive des taux d'intérêt, alors que l'inflation reste au-dessus de la cible de 2 %.
Jerome Powell a affirmé que cette menace judiciaire n’est qu’un prétexte. "C'est une conséquence de la volonté de la Fed de privilégier l'intérêt public plutôt que les préférences du président", a-t-il déclaré dans une vidéo postée sur le site de la Fed. Bloomberg a rapporté que Trump accuse la Fed de mal gérer son budget de 3,1 milliards de dollars pour la rénovation de son siège, montant qu'il juge excessif par rapport aux 2,7 milliards initialement prévus, accusation que Powell conteste fermement.
"Le mandat de Jerome Powell arrive à son terme en mai prochain", rappelle Brooks. Elle alerte sur une perte de confiance des investisseurs quant à l'indépendance du futur président de la Fed vis-à-vis de la Maison-Blanche. "Un climat d'ingérence pourrait générer une volatilité accrus sur les marchés".
Dans ce contexte, les marchés européens affichaient des baisses : à 08H35 GMT, le CAC 40 perdait 0,52 %, le FTSE 100 de Londres reculait de 0,14 %, et l'indice MIB à Milan chutait de 0,65 %. Seul le DAX de Francfort restait relativement stable (-0,03 %).
Parallèlement, le dollar américain subissait une pression à la baisse, échappant de 0,41 % face à l’euro, qui s'établissait à 1,1685 dollar. Cette situation pourrait pousser les investisseurs vers le liquidateur américain, faisant naître un nouveau cycle de vente.
Les marchés resteront attentifs cette semaine à la publication de l'indice des prix à la consommation (IPC) pour décembre aux États-Unis, ainsi qu'aux discours de plusieurs membres de la Fed, qui pourraient influencer le calendrier des ajustements de taux. Jim Reid, économiste chez Deutsche Bank, a souligné l'importance de ces interventions pour tempérer l'humeur du marché.
À l'inverse, les Bourses asiatiques ont connu un regain d'enthousiasme, portées par des chiffres positifs de l'inflation en Chine. L'indice de Shanghai a crû de 1,09 %, tandis que Shenzhen a gagné 1,75 %. Le Hong Kong Hang Seng a aussi enregistré une hausse de 1,29 %.







