Invité sur France Inter, Raphaël Glucksmann, co-président de Place publique et eurodéputé, a exprimé son impatience face aux réactions de l'Union européenne concernant la situation en Iran. Selon lui, l'UE doit cesser d'adopter un ton de simple observateur et passer à l'étape suivante en désignant les Gardiens de la Révolution, instrument clé de la répression, comme organisation terroriste.
« Je ne supporte plus ces communiqués de l'Union européenne qui affirment simplement que nous surveillons la situation. Nous ne sommes pas des commentateurs de l’histoire. Depuis des années, nous au Parlement européen, demandons que les Gardiens de la Révolution soient inscrits sur la liste des organisations terroristes. Cela nous permettrait de traquer les financements, de cibler leurs leaders et de couper tout lien commercial et financier avec eux », a-t-il déclaré avec emphase.
Il a souligné l'urgence d'agir pour voir tomber le régime des mollahs. Néanmoins, Glucksmann a également critiqué les approches unilatérales, notamment celles de Donald Trump, qu'il accuse de mener des actions qui ne font qu'intérêts américains. Il a cité le cas du Venezuela, où les frappes ont certes eu lieu, mais le régime est resté en place.
« Il faut qu'il y ait une réelle politique européenne autonome et affirmée. Les Européens doivent réaliser qu’ils disposent de leviers importants. Nous sommes la plus grande puissance commerciale mondiale, et nous devons défendre notre souveraineté », a-t-il insisté. En réaction à des comportements américains potentiellement expansionnistes, comme l'annexion du Groenland, il a prévenu que des mesures de rétorsion pourraient être mises en place contre les entreprises américaines.
Dans le contexte des manifestations en Iran, où des coupures d'Internet ont été signalées par les autorités – sous prétexte d'arrêter des supposées opérations terroristes – Glucksmann a rappelé les déclarations des défenseurs des droits de l'homme soulignant la gravité de la répression, qui aurait causé des pertes humaines tragiques et aurait été camouflée par de telles mesures.
Ce sont des moments critiques pour l'UE, et selon Glucksmann, l'inaction pourrait favoriser des résultats dévastateurs, surtout en matière de politique interne dans les pays européens.







