Une découverte choquante pour le monde agricole français : la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs de Charente-Maritime ont récemment mis la main sur 18 tonnes de graines de courges bio en provenance de Chine, destinées au groupe rochelais Léa Nature. Face à cette situation, l'entreprise a confirmé l'importation, bien qu'elle insista sur le fait que cela ne représente que 0,3 % de ses volumes d'achat. Mickaël Labbé, directeur des achats, souligne que cette proportion demeure marginale.
Pourtant, la reaction des agriculteurs est empreinte de frustration. Ils considèrent cette découverte comme une démarche scandaleuse. Fanny Gaudin, secrétaire générale des Jeunes Agriculteurs de Charente-Maritime, déplore le fait que les prix des produits bio européens soient souvent plus élevés que ceux en provenance de pays comme la Chine. Elle pointe également du doigt le manque de confiance envers les promesses de Léa Nature concernant l'achat de produits locaux.
D'un autre côté, Léa Nature a promis d'augmenter progressivement ses approvisionnements en France et en Europe. Un objectif qu'elle semble bien prendre à cœur, puisque la part de ses achats en provenance d'Europe est passée de 30 à 40 % au cours des deux dernières années. Toutefois, la disponibilité des produits bio en France reste un enjeu crucial. Mickaël Labbé admet : “C'est une petite filière en France. On a besoin que ce volume augmente pour pouvoir en acheter davantage.”
Cependant, cette situation a mis en lumière des divergences profondes entre les intérêts commerciaux de Léa Nature et ceux des agriculteurs locaux. En effet, la secrétaire générale des Jeunes Agriculteurs dresse un constat sévère : “Il n'y a aucun sujet sur un problème de quantités. Il faut juste nous faire confiance et arrêter de nous couper l'herbe sous le pied.” L'ouverture des locaux de Léa Nature aux agriculteurs prévue pour le 15 janvier pourrait-elle apaiser les tensions grandissantes ? Reste à voir.







