Paris (France) (AFP) – Navigator dans le royaume des transports parisiens, Xavier Piechaczyk, désigné par Emmanuel Macron pour diriger la RATP, a annoncé mercredi son engagement à relever les nombreux défis qui se présentent dans le secteur des transports en Île-de-France, tout en maintenant l'ouverture à la concurrence.
Bien qu'il n'ait pas un parcours traditionnel dans les transports, ce président de RTE, le leader de la distribution d'électricité publique, a mis en avant, lors d'une audience au Sénat, les synergies entre son expérience professionnelle et les attentes de la RATP.
Lors d'une soutenance de près de deux heures devant les sénateurs, cet ancien conseiller en énergie et transports pour Jean-Marc Ayrault et François Hollande a souligné son parcours au service des organisations publiques.
Il a explicitement évoqué trois domaines de compétence qu'il souhaite mettre au service de la RATP : la gestion de projets d'infrastructures, acquise au ministère de l'Équipement et chez RTE; l'optimisation des performances industrielles, qui concerne la maintenance des équipements essentiels pour garantir le fonctionnement continu du service; et la transformation organisationnelle, pratiquée lors de ses fonctions de modernisation, incluant un dialogue social constructif.
La dimension sociale de son approche a captivé l’attention des sénateurs, alors que la RATP est confrontée à un paysage concurrentiel en pleine mutation.
"Quelles valeurs et méthodes de management envisagez-vous d'appliquer au poste de président de la RATP ?" a interrogé bluntement Daniel Guéret, sénateur LR d'Eure et Loire.
"Mon ambition est de cultiver un dialogue social transparent et sincère, cherchant des compromis", a affirmé M. Piechaczyk, illustrant ainsi son approche collaborative.
Un style coopératif face à la tempête
Pour contrer les idées préconçues, il a insisté sur son style coopératif, en exprimant son incompréhension face aux jugements qui le qualifient de "bulldozer".
En dix ans chez RTE, il a réussi àSigner huit accords salariaux sur dix, preuve de ses capacités à négocier efficacement, a-t-il poursuivi.
Concernant l’avenir de la RATP, il a observé que l’ouverture à la concurrence signifie que l'ancien monopole est voué à diminuer, soulignant la nécessité de ne pas "courir plusieurs lièvres en même temps" dans les futurs appels d’offres.
Tout en confirmant que la RATP soumettra sa candidature pour des projets notamment en dehors de Paris, il a précisé que cela serait conditionné à l'amélioration du service pour les utilisateurs.
À l’international, il a signalé sa volonté de collaborer avec la SNCF et des entreprises majeures pour briguer des contrats en consortium, notamment pour la construction d'infrastructures urbaines.
En louant l'impact positif de Jean Castex, il a signalé que ce dernier avait considérablement amélioré le service tout en demontrant la capacité de la RATP à relever des défis comme celui des JO de Paris 2024, tout en assurant une transition sans anicroche.
Deux problématiques sociales ont retenu son attention : la sécurité des femmes dans les transports et la nécessité d'améliorer l'accessibilité, notamment avec le remplacement des 2000 tourniquets actuellement présents dans le métro parisien, qui posent problème aux parents avec des poussettes.
Une seconde audition devant les députés se tiendra le 27 janvier, à l'issue de laquelle les parlementaires se prononceront sur sa nomination.







