Paris (France) – Dans une déclaration récente, Eric Delemar, le Défenseur des enfants, a mis en lumière les enjeux cruciaux concernant la protection de la jeunesse en France. Alors que les violences à l'égard des enfants et les espaces « no-kid » fleurissent, il appelle à un profond changement politique pour prioriser leurs droits.
Lors d'un entretien avec l'AFP, Delemar a évoqué le coût psychologique et social que cela implique, soulignant que ces jeunes, qui représentent plus de 14 millions de personnes, sont souvent perçus comme une nuisance. Selon lui, la jeunesse est actuellement stigmatisée, que ce soit par la réticence à les voir jouer dans les espaces publics ou par la critique de leur usage excessif des écrans.
« Ce paradoxe critique témoigne d’un véritable manque de considération », affirme Delemar. Il met en avant le droit des enfants à être écoutés et entendus, un aspect fondamental des démocraties modernes.
En analysant les dernières évolutions législatives, Delemar remarque des avancées significatives, comme en témoignent les lois de 2007, 2016 et 2022, qui n'ont pourtant pas été mises en œuvre efficacement, souvent à cause d'un manque de moyens financiers et d'un manque de synergie entre les différents acteurs, comme l’État et les départements. Les chiffres ne mentent pas : à peine 2 % des enfants victimes de violences sexuelles voient leurs agresseurs condamnés.
« Les avancées législatives existent, mais il y a un fossé flagrant entre ces textes et la réalité de la vie des enfants », déplore-t-il. Il mentionne également qu'une majorité des jeunes sous protection judiciaire ont un passé de maltraitance, ce qui entraîne des conséquences dramatiques sur leur avenir.
En ce qui concerne les espaces « no-kid », Delemar les qualifie de scandaleux, car ils marginalisent une tranche de la population qui devrait être accueillie dans l’espace public. « Qui oserait interdire un espace à une certaine catégorie d’adultes? », s'interroge-t-il. Cela pose également la question plus large de l’appréhension des jeunes à devenir parents.
Pour Delemar, valoriser les enfants, c’est également reconnaître la valeur des métiers qui s'occupent d’eux. « Nous devons offrir des formations adéquates à ceux qui travaillent avec les enfants, revaloriser leurs compétences et leurs rémunérations », insiste-t-il.
Face à une société qui semble déconsidérer les jeunes, le Défenseur des enfants appelle à une mobilisation collective pour rétablir leur place et leurs droits, un enjeu crucial pour les générations futures. En ce sens, il exhorte à un véritable sursaut politique.







