Lors du festival du film de Sundance dans l’Utah, Salman Rushdie, l’écrivain américano-britannique de 78 ans, a exprimé son inquiétude face à la montée de la violence aux États-Unis, affirmant que « l'idée du danger est désormais omniprésente ». L’auteur a réagi à la tragique disparition de deux Américains, tués par des agents fédéraux à Minneapolis, soulignant que « tout le monde est en danger maintenant » dans le pays.
Rushdie était présent à la projection de « Knife : The Attempted Murder of Salman Rushdie », un documentaire abordant l'attaque qui a failli lui coûter la vie en août 2022 lors d'une conférence littéraire. Son agresseur a justifié son attaque par la prétendue « attaque sur l'islam » de Rushdie dans son livre controversé, « Les Versets sataniques », qui lui a valu une condamnation à mort par l'Iran en 1989. Le coupable a été condamné à 25 ans de réclusion.
Pour Rushdie, cette agression illustre une problématique plus vaste. « Une violence déchaînée par des individus sans scrupules » utilise des personnes ignorantes pour s'attaquer à la culture, a-t-il déclaré. Selon lui, « pour ceux qui détiennent le pouvoir autoritaire, la culture devient un ennemi à abattre ». Son analyse fait écho à un climat croissant d’hostilité envers certaines institutions culturelles.
« Les incultes n’aiment pas les universités, la musique… »
Rushdie pointe un phénomène inquiétant : « Que ce soit dans le journalisme, les universités, la musique ou la littérature, les incultes, les ignorants et les extrémistes s'opposent à ces valeurs et prennent des mesures, ce que nous constatons tous les jours. » Un constat que l'on retrouve aussi dans les déclarations de Donald Trump, qui critique régulièrement les universités qu’il considère comme trop à gauche et attaque les médias traditionnels qu'il dépeint comme « mensongers ». Bien que Rushdie précise que son film n'était pas un commentaire sur l'actualité, il estime qu'il arrive à un moment crucial, alors que le risque de violence est palpable pour tous.
Le festival de Sundance, où se déroulent de nombreuses réflexions sur la société contemporaine, se poursuit jusqu’au 1er février. Les propos de Rushdie rappellent l'urgence d'un débat sur la violence et la culture, soulignant l'importance de protéger et de défendre la diversité culturelle face à des forces intimidantes.







