Paris (France) – "Je servais uniquement Marine Le Pen, pas un parti": telle est l'affirmation de Catherine Griset, qui a témoigné mardi devant la cour d'appel de Paris. Elle précise qu'elle a été au service direct de la leader du Rassemblement National (RN) pendant son mandat en tant qu'eurodéputée.
Dans les années 90, le Front National de la Jeunesse avait mis en avant Griset dans un de ses albums, où elle déclara avoir trouvé un emploi grâce à Le Pen. Elle a depuis partagé une amitié et une complicité professionnelle avec Marine Le Pen, ayant même entretenu une relation personnelle avec un membre de sa famille, avant de se séparer.
La question qui se pose est : cette proximité intensifiée a-t-elle influencé la perception de Catherine Griset sur la séparation entre identité personnelle et professionnelle?
Au neuvième jour de son procès, Griset, devenue elle-même eurodéputée, admet qu'elle a pu travailler pour Le Pen, présidente du RN, à hauteur de "20%" tout en étant officiellement à temps plein à son service en tant qu’assistante parlementaire. Cela a soulevé des accusations de détournement de fonds, impliquant aussi Le Pen et d'autres cadres du parti.
En première instance, Griset avait été condamnée à un an de prison avec sursis.
Un travail à double casquette
Au tribunal, Griset détaille ses responsabilités, telles que la gestion de l'agenda de Marine Le Pen et l'organisation de ses déplacements. La présidente de la cour, Michèle Agi, pointe du doigt la charge de travail que représente son rôle. "Le travail de Marine Le Pen ne se limite pas à sa fonction d’eurodéputée, elle dirige également un parti politique", souligne-t-elle.
Griset admet que, en plus d’être assistante parlementaire, elle gère également des tâches liées à la présidence du parti. "C’est ce que j’appelle le cumul", précise-t-elle, face à l'insistance de la magistrate, qui lui rappelle que son salaire provient du Parlement européen.
Conflits d'intérêts en question
Un discussion tendue s'est alors engagée concernant son obligation de résidence à Bruxelles, qu’elle n’a pas respectée entre 2010 et 2016. Bien que cela ne soit pas directement lié aux accusations, cela soulève des questions sur son engagement professionnel.
La situation devient encore plus délicate lorsque l'on aborde son rôle de cheffe de cabinet de Marine Le Pen, titre qu’elle a occupé depuis 2015. "Mon travail n'a pas changé pour autant", conteste Griset, face à un scepticisme grandissant de la présidente de la cour.
La juge rétorque vigoureusement, demandant pourquoi ce rôle n'a pas été mentionné au Parlement européen, alors que ses règles interdisent des fonctions extérieures pour les assistants accrédités. "Parce que ça vous arrangeait", répond-elle à sa propre question.
Griset insiste sur le fait qu'il n'y a pas eu de conflit d'intérêts, affirmant qu'elle travaillait pour sa seule patronne, Marine Le Pen, depuis 1992. Les débats promettent d’être longs et complexes, laissant présager d'importantes répercussions pour toutes les parties impliquées.
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