La prix Nobel de la paix 2023, Narges Mohammadi, a récemment initié une grève de la faim dans la prison de Mashhad, en Iran. La militante de 53 ans proteste contre l'interdiction de communiquer par téléphone et les restrictions imposées à ses interactions avec le monde extérieur, selon son avocate, Chirinne Ardakani, qui a partagé cette information avec l'AFP.
Mohammadi exige la possibilité de passer des appels, d'avoir accès à ses avocats et de recevoir des visites. Il s'agit d'une mesure désespérée, car son dernier contact téléphonique avec sa famille remonte au 14 décembre. Cette nouvelle a été rapportée par un codétenu qui a récemment été libéré. Actuellement, elle est placée en isolement, ayant été arrêtée le 12 décembre dernier après avoir prononcé un discours lors d'une cérémonie dédiée à un avocat décédé dans des circonstances troubles.
Des accusations de répression sévère des droits humains
Les proches de Narges Mohammadi estiment que l'interdiction d'appeler est une stratégie visant à la faire taire. Depuis la répression qui a suivi le mouvement de contestation, il est de plus en plus difficile pour les prisonniers politiques d'exprimer leurs opinions. L'ONG Amnesty International a d'ores et déjà accusé les forces de sécurité de recourir à des actes de « torture et autres mauvais traitements » lors de son arrestation, y compris des violences physiques. En mi-décembre, la famille de Mohammadi a signalé qu'elle se trouvait dans un état de santé préoccupant, en raison du refus des autorités de lui permettre un examen médical indépendant postérieur à une arrestation jugée « violente ».
La militante, déjà arrêtée en novembre 2021, avait été libérée temporairement en raison de problèmes de santé pulmonaire en fin 2024. Elle est engagée depuis longtemps dans la défense des droits humains et a été récompensée par le prix Nobel de la paix en 2023. Ses deux enfants, qui vivent à Paris avec leur père, ont accepté le prix en son nom à Oslo. Elle n'a pas eu de contact avec eux depuis plus de dix ans.







