Studier le droit international a-t-il encore du sens? Pour Georgios Chatzicharalampous, étudiant en master à l'université Paris-Panthéon-Assas, la réponse est affirmative. "Oui, d'autant plus maintenant", affirme-t-il. En dépit des chocs récents infligés à cette discipline, sa détermination à poursuivre dans ce domaine s'est même renforcée.
Chatzicharalampous, polyglotte et passionné, souligne que "les institutions internationales semblent parfois obsolètes face à tant de violations", mais il reste convaincu de leur pertinence. Il souhaite écrire une thèse sur la Palestine et travailler pour une institution internationale.
"Mais c'est maintenant que le droit international prend encore plus tout son sens."
Au programme des récents bouleversements : l'enlèvement controversé du président vénézuélien Nicolás Maduro par des forces américaines, l'aspiration de Donald Trump à annexer le Groenland, et ses projets pour Gaza, présentés comme une "riviera du Moyen-Orient".
Pour Ronan, un autre étudiant de 22 ans dans la même filière, cette période est sombre mais aussi captivante. Il explore les aspects juridiques et les règles internationales enfreintes dans ces événements.”
Il fait référence à des violations graves telles que le principe de non-ingérence et l’immunité des chefs d’État. "Face à des personnages comme Trump, quel argument peut-on avancer sans le droit international?" questionne-t-il, aspirant à rejoindre le ministère des Affaires étrangères.
On n'a jamais autant parlé de droit international
Ronan constate que malgré les infractions récurrentes, certaines instances de droit international fonctionnent efficacement, notamment en ce qui concerne la protection des droits de l'Homme, comme en atteste l'engagement de la Cour européenne des droits de l'Homme pour une justice équitable. Les révisions de la législation française à la suite de décisions de la CEDH sont un exemple frappant.
"Le droit international n'est pas en déclin, bien au contraire," conclut Chatzicharalampous. Les bases juridiques demeurent malgré les manquements. Ronan abonde dans ce sens : "Ce moment difficile souligne le besoin essentiel de droit international."
"Paradoxalement, alors que des atteintes sont commises, on parle plus que jamais de droit international."
*Le prénom de Ronan a été modifié à sa demande.







