Le sentiment des Français à l'égard des parlementaires est en train de changer, comme le montrent plusieurs études récentes. Un lecteur d'Ondres, dans les Landes, a exprimé son mécontentement : « Je suis prêt à participer aux efforts de remboursement de la dette, mais à condition que nos élus fassent de même. » Ce point de vue est partagé par beaucoup, soulignant un fort désir d'équité.
Les parlementaires, souvent perçus comme des privilégiés, reçoivent une avance mensuelle de frais de mandat d'environ 5 953 euros, auxquels s'ajoute une dotation de 11 118 euros pour leurs collaborateurs. Au total, cela représente plus de 24 000 euros par mois, faisant grimper la facture globale à plus de 166 millions d'euros par an pour l'ensemble des députés. Une réduction de 10 % de leurs indemnités serait, selon certains, un geste bienvenu pour améliorer leur image et se rapprocher des réalités économiques de leurs concitoyens.
Des experts en sociologie politique, comme Florent Guénard, affirment que les inégalités économiques qui se creusent depuis plusieurs décennies ont engendré une méfiance profonde à l'égard des élites. Dans une récente interview accordée au journal Le Monde, il déclarait : « Les privilèges conférés par l'argent ou le pouvoir ne sont plus tolérables. » Cette analyse est corroborée par des mouvements sociaux tels que les Gilets Jaunes, qui ont mis en lumière la fracture entre les classes sociales.
En effet, l'argument des députés est souvent que leur travail est exigeant, pouvant les exposer à des menaces et à des critiques constantes. Jefferson Desport, grand reporter à Sud Ouest, nuance cependant cette perspective en affirmant que l'engagement politique demeure une responsabilité importante, souvent négligée par le grand public. « Une démocratie sans élus n'est pas une démocratie. » Mais il souligne également que le coût de cette démocratie mérite une attention particulière.
Un appel à la transparence et à l'équité fiscaux semble donc de mise, où élus et citoyens pourraient se sentir en phase. La perception des parlementaires pourrait évoluer si ceux-ci adoptent des mesures concrètes pour réduire l'écart entre leurs prérogatives et les réalités vécues par leurs concitoyens.







