Après plus d'un siècle d'activité, l'usine Depland à Saint-Junien, en Haute-Vienne, s'apprête à tirer sa révérence. Spécialisée dans la fabrication de feutres textiles pour l'industrie du papier, elle a, à son apogée, offert des emplois à plusieurs centaines de travailleurs. Aujourd'hui, c'est le sort de 15 employés qui est en jeu suite à l'annonce de la fermeture imminente, prévue après que l'entreprise ait célébré son 125e anniversaire.
La décision du groupe Gascogne, propriétaire du site, découle d'une analyse économique jugée sévère avec des pertes considérables et prolongées. Toutefois, les syndicats et les employés dénoncent un manque de soutien dans ce processus, affirmant que l'entreprise les abandonne et ne prévoit que le strict minimum légal pour les licenciements. Selon un salarié, il s’agit d’« un abandon inacceptable » d'une usine qui a été un pilier de l’économie locale pendant tant d’années.
Les travailleurs de Depland ne comptent pas se laisser faire. Ils envisagent de demander une cellule de reclassement s'étendant de 12 à 18 mois, bien plus que les quatre imposés par leur employeur, et insistent sur la nécessité d'indemnités de départ supérieures aux normes. Certaines propositions de reclassements internes du groupe, bien que sporadiques, sont localisées bien trop loin, notamment en Gironde ou dans les Landes, laissant les salariés peu optimistes quant à leur avenir.
Cette situation met en lumière une problématique souvent oubliée : la difficulté pour des salariés d'une entreprise historique de réintégrer le marché du travail après tant d'années d'engagement. À cette détresse s'ajoute un appel à la solidarité de la part d'acteurs locaux, qui se range à leurs côtés. Une manifestation pourrait être organisée prochainement, en tenant compte du soutien de la CGT, qui milite pour des conditions de départ plus décentes.







