Lors d'une cérémonie d'hommage à Ilan Halimi, le 13 février, Emmanuel Macron a fermement dénoncé l'antisémitisme dans toutes ses formes. Le président a aussi évoqué la nécessité d'un renforcement des sanctions face aux élus reconnus coupables d'agissements antisémites et a annoncé des mesures à l'égard des grandes plateformes numériques.
En abordant le sujet, Macron a décrit « l'hydre antisémite » qui a infiltré tous les aspects de la société au cours des vingt dernières années, déclarant la nécessité d'une « peine d’inéligibilité obligatoire » pour les élus coupables d'« actes et propos antisémites, racistes et discriminatoires ». Pour lui, lutter contre cette forme de haine doit être « le combat de chaque Français », car chaque menace pesant sur un citoyen juif est également une menace pour la République française elle-même.
Le président a également ciblé « l’antisémitisme islamiste, à l’origine du pogrom du 7 octobre » ainsi que « l’antisémitisme d’extrême gauche », qui, selon lui, rivalise avec celui d’extrême droite, nourri de stéréotypes sur la richesse et le pouvoir des juifs.
Il a mis l'accent sur l'indispensable lutte contre « le poison de la haine numérique », affirmant que « la France demandera des comptes aux grandes plateformes », avec des pénalités si des contenus haineux ne sont pas rapidement retirés. Dans une référence implicite aux États-Unis, il a rappelé que, dans la tradition des Lumières, « le free speech s’arrête à l’antisémitisme et au racisme ».
Macron a promis de renforcer la législation contre l'antisémitisme, affirmant que les peines actuelles semblent souvent trop légères face à la gravité des actes. Il a également noté que le gouvernement travaillera activement à la réévaluation des lois existantes.
Cette cérémonie s'est tenue deux décennies après le décès d'Ilan Halimi, un jeune homme juif victime de violences extrêmes, dont le corps a été retrouvé après trois semaines de torture. Le président a symboliquement planté un chêne dans le jardin de l'Élysée, marquant ainsi « l’enracinement de la mémoire d’Ilan Halimi dans la République ».







