Des milliers de noms apparaissent dans les documents publiés fin janvier par le ministère de la Justice américain. Toutefois, il est crucial de réaliser que le simple fait d’être mentionné ne signifie pas être impliqué dans les crimes sexuels qui entourent Jeffrey Epstein.
Beyoncé, Rihanna, Taylor Swift et Bruno Mars sont quelques-unes des stars mentionnées dans les dossiers Epstein. Pourtant, aucune d'elles n’a de lien direct avec le trafic sexuel d’enfants dont le financier était accusé. D’après les plus de trois millions de documents publiés par le ministère de la Justice américain, aucune de ces célébrités n’a jamais rencontré Epstein ou communiqué avec lui.
Comment se fait-il que ces personnalités se retrouvent dans le dossier? Les mentions varient considérablement, et la grande majorité ne révèle absolument rien de compromettant. En effet, un très grand nombre d’e-mails sans rapport avec l’affaire figurent dans les 3,5 millions de pages, comprenant 2 000 vidéos et 180 000 images. Ces documents, désormais accessibles au public, permettent d'obtenir un aperçu de la vie de l’ex-multimillionnaire et de ses connexions dans divers domaines.
Une masse d'e-mails sans rapport avec l'affaire
Parmi les documents, de nombreux e-mails sans rapport avec les activités criminelles d'Epstein ont été inclus. Par exemple, Taylor Swift et Rihanna figurent dans ces mentions parce qu'Epstein a reçu des e-mails de publicité les concernant. En ce qui concerne Beyoncé, son nom apparaît en raison d’une conversation relative à des billets de concert en 2016. Bruno Mars est également cité pour des raisons similaires en 2014.
Comme ces célébrités, de nombreuses personnes citées dans ces documents n’ont aucun lien avec Epstein. Certaines, comme la réalisatrice Mira Nair, ont fait l'objet de désinformation. Nair a été mentionnée dans un courriel adressé à Epstein, où il était question d’une fête après un événement au cinéma. Aucune accusation n’est portée à son encontre, illustrant ainsi la façon dont le contexte peut être interprété de manière erronée.
Un journaliste, une ex-Miss, des boulangeries...
Des noms qui ne devraient pas figurer là apparaissent aussi dans le dossier, reflétant la manière dont des personnes ont été intégrées sans raison valable. Par exemple, le journaliste du Nouvel Obs, Boris Manenti, a expliqué avoir découvert son nom dans les "Epstein Files" car un article qu'il avait écrit a été envoyé par Epstein à une contact. Même Audrey Azoulay, ancienne ministre de la Culture, voit son nom mentionné en raison d'un article relatif à son élection au poste de directrice générale de l'UNESCO, qui a été communiqué à Epstein.
Paradoxalement, des boulangeries parisiennes ont également été citées, à cause de recommandations envoyées à Epstein concernant "le meilleur pain à Paris". Ce mélange de noms illustre bien à quel point la méthodologie de collecte des données dans le cadre de cette affaire pourrait conduire à des malentendus et des erreurs de jugement.







