À seulement 37 ans, Khelga Pirogova évoque son combat contre le cancer, une maladie qui l’a frappée comme une "météorite". Alors qu'elle se considérait auparavant comme une "valkyrie", cette militante explique aujourd'hui qu'il est devenu acceptable de ne pas être forte tout le temps.
Face à l’intensification de la répression, Pirogova, comme beaucoup d'autres dissidents, essaie de trouver l'espoir au sein de l'adversité. Elle reproche à Vladimir Poutine la mort d’Alexeï Navalny, son mentor, dont les conditions de détention ont suscité l'indignation internationale. Une enquête récente, menée par plusieurs pays, a conclu qu'il avait été victime d'un empoisonnement.
Pirogova a connu la victoire politique en 2020, remportant une élection à Novossibirsk, soutenue par la coalition de Navalny. Cependant, les temps ont changé et l'opposition a été sévèrement réprimée, particulièrement après l'invasion de l'Ukraine. Établie maintenant en exil à Vilnius, elle donne naissance à une petite fille tout en poursuivant son travail pour le Fonds de lutte contre la corruption.
Un combat partagé
Les médecins lui annoncent un cancer du col de l'utérus en phase terminale, mais il s’avère finalement que son diagnostic était plus favorable qu'initialement pensé. Malgré les lourds traitements qu’elle endure, Pirogova utilise son compte Instagram pour documenter sa bataille, partageant ses réflexions et ses luttes quotidiennes. Son contenu, empreint d’humour et de vérité, lui procure un soutien inestimable de ses abonnés.
Dans un entretien avec l'AFP, elle déclare s’être battue à la fois contre Poutine et le cancer, établissant un parallèle entre ces deux luttes, qui exigent toutes deux un soutien de l'extérieur pour triompher. Actuellement, elle bénéficie d'une immunothérapie ciblée, financée par des dons, ce qu'elle considère comme une sorte de magie.
Tout en continuant sa vie quotidienne, Khelga est attentive aux nouvelles générations de Russes qui, malgré la répression, commencent à parler davantage des défis économiques engendrés par la guerre. Elle exprime son indignation face à l'idée que la Russie serait historiquement condamnée à la tyrannie, rappelant qu’aucun pays n’est à l'abri de l’oppression.
Son objectif reste clair : elle souhaite vivre plus longtemps que Poutine et espère voir un jour une Russie libre de sa corruption abyssale. "Cela fait peur, mais je suis curieuse de voir comment nous pourrons lutter contre cela une fois que Poutine ne sera plus là," conclut-elle, pleine de détermination.
© 2026 AFP







