Pour remédier aux déserts médicaux, la France envisage de recourir à des praticiens étrangers, notamment ceux originaires de pays non membres de l'Union européenne. Mais une telle stratégie est-elle réellement efficace ? Quels défis se posent, tant sur le plan à court terme que sur le long terme ?
La problématique des découverts médicaux s'inscrit dans un contexte international marqué par des inégalités d'accès aux soins. En France, l'accès au soin est souvent entravé par des discriminations géographiques, aussi bien dans les territoires ruraux que dans des départements urbains comme la Seine-Saint-Denis, reconnu comme le premier désert médical de France.
Au fil des années, la France a mis en place plusieurs mesures pour contrer cette pénurie. Parmi celles-ci, l'orientation vers l'engagement de médecins étrangers. Des décrets récents aux dispositifs plus anciens, on constate une volonté gouvernementale de simplifier l'installation de médecins diplômés hors Union européenne (Padhue) pour qu'ils viennent renforcer l'offre de soins.
Une réponse immédiate mais délicate
Des études attestent que l'intégration de médecins étrangers peut répondre efficacement à la montée des besoins, en particulier dans les zones sous-dotées. Selon un rapport de l'Institut de recherche et de documentation en économie de la santé, depuis 2007, la France a accueilli un nombre croissant de médecins formés à l'étranger, contribuant ainsi à une dynamique d'amélioration de l'accès aux soins.
Politiques coercitives versus incitatives
Il existe deux approches pour l'immigration médicale. Dans certains pays, comme les États-Unis, les médecins sont contraints de pratiquer dans des zones à forte carence en services médicaux. À l'inverse, des systèmes incitatifs, comme le célèbre modèle canadien, cherchent à attirer des praticiens qualifiés. En France, la liberté d'installation est un principe fondamental, bien qu'une pression croissante pour une meilleure répartition des praticiens dans les zones déficitaires se fasse sentir.
Les défis de l'intégration
Malgré ces politiques, les médecins étrangers font face à des défis d'intégration. Leur mobilité est souvent plus élevée que celle de leurs homologues formés en France, notamment en raison de barrières culturelles et linguistiques. Selon une recherche, ces praticiens peuvent se heurter à des discriminations et à un racisme latent, affectant leur capacité à s'installer durablement. De surcroît, les pays d'origine de ces médecins, souvent déjà en proie à des carences, souffrent également de ce phénomène, rendant cette stratégie d'immigration délicate et susceptible de perpétuer les inégalités globales.
Une solution à long terme ?
En conclusion, le recours à des médecins étrangers, bien que prometteur, ne constitue pas une solution miracle. Pour un accès durable aux soins pour tous, il est primordial d'investir dans la formation de nouveaux praticiens, d'améliorer les conditions de travail dans les zones sous-dotées et d'adopter une planification stratégique de l'offre médicale.







