Trente-quatre Australiens, proches de djihadistes, ont été libérés le 16 février du camp de Roj par les autorités kurdes, mais un souci de papier a empêché leur départ pour Damas. Ces individus, représentant onze familles, avaient été remis « à leurs proches venus d’Australie pour les récupérer », a expliqué Hakmieh Ibrahim, directrice du camp, à l'Agence France-Presse.
Des responsables du camp, comme Rachid Omar, ont noté que ce retour inopiné était dû à « une mauvaise coordination entre leurs proches et le gouvernement à Damas ». Il a précisé que des discussions étaient en cours pour résoudre cette situation délicate.
Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a affirmé que son pays ne fournirait aucune assistance à ces ressortissants. Dans une déclaration à la chaîne ABC, il a déclaré : « Comme disait ma mère, quand on fait son lit, c’est pour y coucher », tout en ajoutant qu'il n’avait « aucune sympathie pour des gens qui se sont rendus à l’étranger pour tenter d’édifier un califat ».
Avec cette libération, il ne resterait plus d'Australiens sous la garde des autorités kurdes, selon Hakmieh Ibrahim.
Poursuites judiciaires possibles
Les forces kurdes contrôlent actuellement le camp de Roj, où se trouvent de nombreux proches de djihadistes, dont plusieurs étrangers. Face à la pression des forces de sécurité syriennes, ces autorités avaient précédemment quitté le camp d’Al-Hol, plus important, ce qui avait conduit à une évasion massive d'individus au sein du site.
Le ministère des Affaires intérieures d'Australie a déclaré que si des Australiens revenant dans leur pays avaient enfreint la loi, ils feraient l'objet de poursuites.
Ce dossier suscite de vives controverses en Australie. Certaines personnalités politiques affirment que ces femmes représentent une menace pour la sécurité nationale, tandis que des ONG plaident pour leur aide, signalant des conditions de détention « épouvantables ».
En 2023, l'organisation Save the Children Australia a porté plainte pour le rapatriement de 11 femmes et 20 enfants détenus dans ces camps.







