"C'est gorgé d'eau, oui, vous ne traversez pas, hein !", affirme Damien Bosredon, un agriculteur de Saint-Viance. Ce dernier est confronté à une situation alarmante sur ses terres. À proximité de son exploitation, deux hectares de culture sont immergés. "Toutes les céréales sont dans l'eau, et j'ai bien peur que tout soit foutu." En novembre, il a planté du blé d'hiver pour nourrir ses vaches limousines, mais la montée des eaux dépasse tout ce qu'il a connu auparavant. "Il y a eu des crues par le passé, mais jamais à ce point. Les anciens disaient qu’il fallait que la Vézère sorte pour que la pluie s’arrête, mais visiblement, ça ne fonctionne pas !"
"Mon père [...] n'a jamais vu l'eau remonter comme ça"
Les sols sont complètement saturés à la fois à cause de la Vézère et des nappes phréatiques. "L'eau remonte par les nappes, et ce dans des zones inhabituelles", indique Damien. Une autre parcelle proche ressemble désormais à un lac. "Il n'y a pas de cours d'eau qui passe, c'est l'eau qui remonte depuis le sol. Mon père, qui approche de ses 80 ans, m'assure qu'il n'a jamais vu ça ici."
"Il faut attendre un mois pour voir les dégâts"
Damien espère une accalmie après le jeudi à venir, mais il sait que le véritable état de ses cultures prendra du temps à se révéler. "L'eau peut se retirer en surface, mais au sol, il faut attendre un mois pour évaluer les dégâts. On doit également réfléchir à la suite avec tout ce qui est noyé."
"Ça fait la troisième année où il faut ressemer"
Depuis 1999, Damien se demande s'il doit continuer à cultiver des céréales, se demandant s'il ne vaudrait pas mieux se tourner vers des cultures de printemps. "C'est la troisième année consécutive où il faut ressemer. Les prés deviennent également problématiques, car les vaches n'apprécient pas de pâturer dans des herbes gorgées de limon."
Des aides trop tardives
Les aides d'urgence sont souvent inefficaces et tardent à se faire sentir. "L'an dernier, après des inondations en avril, Saint-Viance a été classée en catastrophe naturelle, mais on a attendu jusqu'en novembre pour voir des actions concrètes. Les délais sont longs."
"Même les ragondins démissionnent"
Avec humour, Damien constate que même les ragondins semblent avoir disparu des environs. "L'année dernière, ils étaient moins nombreux, je ne sais pas où ils sont partis. Nous, en revanche, on est tous au fond du trou, mais il nous tarde que ça s'arrête."







