La quatrième ville du Tarn, célèbre pour son histoire industrielle liée au cuir, traverse une période difficile, exacerbée par une augmentation des liquidations d'entreprises. Ce déclin économique est au centre des discussions pour les municipales à venir, où la question d'une police municipale se pose avec acuité.
« Graulhet, ce n'est plus ce que c'était » : tel est le sentiment partagé par de nombreux habitants de cette commune de plus de 13.000 âmes, qui peine à retrouver son dynamisme d'antan. L'industrie du cuir, qui avait fait sa renommée au siècle dernier, est en chute libre. Il existait une centaine de mégisseries au début du XXe siècle ; aujourd'hui, il n'en reste plus qu'une poignée.
Aujourd'hui, la mêlée électorale est très politique. Quatre candidats briguent le poste de maire : le sortant Blaise Aznar (PS-PCF), son ancien directeur de cabinet Benjamin Verdeil (Renaissance), Jean-Marie Vigny pour LFI-Ecologistes et Julien Bacou au nom du Rassemblement National, qui a désigné Graulhet comme une cible électorale stratégique.
Seule ville de cette taille en Occitanie à ne pas avoir de policiers municipaux
Le débat crucial tourne autour de la création d'une police municipale. Actuellement, Graulhet est la seule ville de plus de 10.000 habitants en Occitanie à ne pas en disposer. Christophe, un Graulhetois, estime que bien que la gendarmerie fasse son travail, une police municipale est nécessaire. "C'est un sujet de campagne important !" admet-il. Son témoignage évoque une réalité inquiétante : son fils aurait été agressé sans raison dans la rue.
Mireille, une autre habitante, se montre sceptique face à l'idée d'une police municipale. "L'insécurité est peut-être un terme trop exagéré. Nous ne constatons pas plus d'insécurité ici qu'à Albi ou Gaillac." De plus, elle souligne les coûts associés à une force de police, arguant qu'un policier municipal coûterait environ 60.000 euros par an, selon l'Observatoire des finances locales.
Les opinions des candidats sont partagées. Julien Bacou, du RN, et Benjamin Verdeil soutiennent la nécessité d'une police municipale, tandis que Blaise Aznar s'y oppose, pointant du doigt le coût et la viabilité financière. La création de postes policiers pourrait ainsi devenir un enjeu majeur dans les négociations et décisions à venir.
En somme, alors que Graulhet doit faire face à des défis économiques et sociaux, la création d'une police municipale pourrait redessiner le paysage de sécurité dans la ville, un enjeu qui, sans nul doute, marquera les municipales de 2026.







