Aurore Lalucq, députée européenne et présidente de la Commission des affaires économiques et monétaires, était l'invitée de l'émission "Tout est politique" sur franceinfo le 16 février. Elle a répondu aux questions de Camille Girerd et Nathalie Saint-Cricq, notamment sur le décès tragique de Quentin Deranque, ce jeune de 23 ans qui a perdu la vie à Lyon lors d'une rixe.
Camille Girerd : Bonsoir, Aurore. Quel message souhaitez-vous transmettre face à cette perte ?
Aurore Lalucq : En tant que parent, il n’y a pas de douleur plus immense que de perdre un enfant. Ce tragique événement appelle une réponse à la mesure de notre chagrin, et je ne souhaite pas alimenter des polémiques inutiles. Le cœur du problème est la responsabilité pénale, et notre priorité doit rester l'aide à la justice pour qu'elle puisse jouer son rôle efficacement. J'ai entendu le magistrat en charge de l’enquête insister sur l'importance de ne pas se fier aux rumeurs.
Nous devons faire preuve de mesure. Il est essentiel de soutenir le travail de ce magistrat, face à la pression médiatique qui pèse sur lui, et d’éviter de surenchérir avec des propos provocateurs qui ne feraient qu'aggraver la situation.
Camille Girerd : En parlant de propos provocateurs, à qui faites-vous allusion ?
Aurore Lalucq : Je n'ai pas de cible précise, mais je fais référence à la multitude de débats et de discours qui circulent sur les réseaux sociaux. Le climat politique actuel impose une vraie réflexion sur nos méthodes. Aucun objectif, si important soit-il, ne justifie des moyens extrêmes. J'ai alerté, avec Raphaël Glucksmann, sur la tendance à la brutalisation de notre vie politique. Ce moment doit être celui de l'humilité et de l'introspection.
Dans une démocratie aussi riche que la nôtre, il est inacceptable de voir la violence s'installer comme norme. Nous avons en France la liberté d'expression, la liberté de la presse, ainsi que le droit de candidater aux élections. Rien ne justifie cette violence. Il faut donc mettre fin à la brutalisation continue du débat.
Nathalie Saint-Cricq : Qui doit réfléchir à la lumière de cette situation ? Est-ce que vous parlez spécifiquement de la France Insoumise ?
Aurore Lalucq : Oui, je pense effectivement que la France Insoumise doit s'interroger sur elle-même. Récemment, des journalistes, comme celui du Parisien, ont fait l'objet d'intimidations pour des articles qui ne correspondaient pas aux idées du mouvement. Ce genre de situations montre que la ligne entre le virtuel et le réel est en train de se brouiller. Pourquoi s’en prendre aux journalistes, alors que la gauche, traditionnellement, a défendu ce qu'ils représentent ? Cela frôle le populisme, et c'est inquiétant.
Il est nécessaire que la France Insoumise initie cette réflexion, sans pour autant que cela valide les idées du Rassemblement National ou des mouvements d'extrême droite, qui restent totalement inacceptables. Nous avons toujours affirmé, avec Raphaël Glucksmann, qu'une introspection est également indispensable du côté de la France Insoumise.
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